J'ouvre les yeux pour la première fois, il est 9h30. Après un snooze de 15 minutes, je me rappelle que le déjeuner m'est servi jusqu'à 10h30. J'entends la rivière qui coule juste à côté et les oiseaux qui sont réveillés depuis un petit bout. Je me réveille tranquilement à mon tour en me disant que si il me restait des heures de sommeil à reprendre, j'avais juste à me recoucher après avoir mangé. Aucune loi n'interdisait ça ici. Antoine me servi donc 3 petits pains avec confiture, un oeuf brouillé, un jus de fruit de la passion, un café et une branche de canne à sucre. Tout concorde avec ma géolocalisation actuelle. Je mange lentement tout en tempérant Popo qui avait senti le pain. Popo adore le pain. Tout était très bon. Simple mais très bon. J'ai eu besoin de l'aide d'Antoine pour démistifier la canne à sucre. Je voyais pas trop comment m'y prendre pour manger ce qui ressemblait à un bout de bois. Antoine m'expliqua que je devais mordre le dit bout de bois et en sucer le jus sans manger la fibre. Comme de fait, ce petit bout de bois était plein de sève sucrée, du vrai sucre! La comparaison avec le sirop d'érable était facile à faire, saveur d'érable en moins. Bonne chose.
Le petit déjeuner avalé, un petit facebook sous le petit toit et Antoine m'informa qu'il allait faire les courses. Je l'accompagna au village qui était tout proche. 400 mètres je crois. C'était mon premier visuel de Misahualli. J'était arrivé de nuit, je n'avais donc rien vu. Une place centrale avec des commerces tout autour. On est loin de la Place Jacques-Cartier ou même de la Place Bourgette. C'est un petit carré avec une sculpture centrale qui a peut-être déjà servie de fontaine, quelques arbres dont deux en cage, des petits trottoirs pavés et des zones de végétation avec une pancarte qui disait qu'à misahualli, les singes faisaient parti de la vie. Je compris que les arbres en cage était pour les protéger des singes mais je ne voyais pas de singes. Étrange.
Je marcha vers ce qui me semblait un accès à l'eau. Misahualli est situé à la rencontre de la rivière Napo, qui deviendra l'Amazone un peu plus loin, et de la rivière Misahualli. L'eau n'est pas cristalline mais je ne connais pas son niveau de salubrité. Popo en a bu un peu et plusieurs personnes se baignaient dedans. Le courant est fort. Là où j'étais, plusieurs embarquations attendaient les touristes. Une bonne douzaine de très longues chaloupes à moteur avec un petit toit et une série de banc face au côté attendaient les explorateurs en herbe. Pour l'instant, je ne suis ni explorateur, ni fait d'herbe. Je fut par contre agréablement surpris de découvrir la cachette des singes! Ils étaient tout autour de moi. J'en compta vingt au total. Tous soit un peu plus petit ou un peu plus gros que Popo. Ce fut très facile pour moi de prendre siège et d'observer mes nouveaux amis. J'étais très content de les rencontrer. Un autre des objectifs de mon voyage était accomplis. Ils étaient tout autour de moi, nonchalant et currieux de voir Popo. Il y avait plusieurs chien ici mais Popo était le plus petit. Je trouva très drole de voir quelques singes tirer la queue de Popo. Popo trouvait ça un peu moins amusant. Au début il était currieux mais rapidement, il se retrouva sous moi pour se protéger de ces créatures au sens de l'humour douteux. Certains se promenaient au sol, d'autres dans les arbres.
J'ai appris, avec l'aide de mon nouvel ami le singe, comment trouver des petits insects pour s'en régaler. La technique est simple. On prend un vieux bout de bois au sol et on le cogne le plus fort possible contre une branche d'arbre pour le briser en deux. Lorsque le morceau se brise, on regarde immédiatement à l'intérieur pour voir si quelque chose s'y cache. Probablement parceque j'avais bien mangé, je n'avais pas assez faim pour en déguster le contenu. Je me contentait donc de briser les bout de bois en deux et donnait les morceaux brisés à mon professeur assis à côté de moi. La chasse ne fut pas fructueuse, j'ai probablement pas le tour pour trouver les bons morceaux. Il se contentait de les porter à sa bouche et de les sentir mais rien n'en sortait. Je voyais bien qu'il me pardonnait. Il savait qu'on ne trouvait pas son lunch dans toutes les vieilles branches. Après 3 ou 4 tentatives il me donna mon conger et parti se reposer sur une branche plus haute. J'espère faire mieux la prochaine fois et rendre mon maître fier de moi. Il était proche midi et c'était l'heure de la sieste chez mes nouveaux amis. Tous avaient rejoint les branches et auraient probablement allumé la télévision pour la sieste de midi. Je retourna tranquilement vers ma lodge pour continuer de suivre l'exemple de mon nouveau maître et m'installer pour la sieste. C'est chaud et humide. Tranquiiiiiiile.
Ah oui, j'oubliais. Je me vide encore de mes fluides mais au moins j'ai pu juste ça à raconter. Ça fait du bien! À la tienne Julie Bolduc, j'vais me chercher une bonne bouteille d'eau.
Je prends une bonne partie de l'après-midi pour recoller les morceaux de mon récit. Certains bouts sont sur mon téléphone et le reste est sur mon ipad. Mon téléphone capte mal le wifi, je transcrit donc à la main sur le iPad pour pouvoir finalement updater ça. En écrivant ces lignes, il y a un oiseau tout en haut de l'arbre qui chante drolement. Comme si c'était le dernier bruit d'un lavabo qui se vide par son drain en plus harmonieux. Bon, je sais, pas trop évident mais c'est le mieux que je puisse faire. Je ne suis même pas cappable de l'imiter en faisant le son moi-même. Bon, peut-être le son amplifié de quatre goutes d'eau qui tombe dans un verre d'eau. Mais bon, c'est liquide, ça on s'entend.
Mon "Bonjour Antoine!" à mon arrivée a porté fruit. Le ton était tellement famillié qu'il m'a déjà offert le thé. Il m'a bien précisé de ne pas mentionner sur un blog qu'on m'avait offert le thé ici. À sa demande, je garderai ça pour moi et me contenterai de dire que l'endroit est agréable et confortable. La consigne qu'il m'a donné pour le bar est d'écrire sur un papier ce que je prends. Que ce soit eau, liqueur, jus ou alcool. J'aime bien les endroits où ça me prend moins de 24h pour me retrouver derrière le bar. J'ai donc pris un petit calepin que j'ai trouvé sur le comptoir, tourné la page, écrit mon nom sur la page suivante et commença ma liste. J'en suis à présent à 2 rhums, une bouteille d'eau et une bière. Il n'y a personne d'autre présentement. Seulement une femme australienne de 200 ans qui vient d'arriver avec son sac-à-dos, maintenant partie à l'aventure. J'ai toute la place (et Antoine) pour moi!
Une demi-bière plus tard, Antoine est dans la piscine et on sonne à la porte. Mauvais moment pour lui. Je souligne l'inconfort en lui intentionnant mon aide. Il m'informe que si je veux ouvrir, c'est probablement son amie qui vient l'inviter à jouer au basket. Je me rend donc à la porte principale et ouvre la porte. C'était bien son amie avec le ballon. Elle est un peu perturbée de me voir ouvrir la porte mais si je ne me trompe pas (et je confirme que je ne me trompe pas), c'est elle qui s'est occupé de moi pour le souper hier soir. Elle m'invite donc à les rejoindre par plaisir. Je la remercie et laisse la porte ouverte pour une petite joute de basketball. Tout le monde sais que, comme le motocross, le basketball est une autre de mes passion. Je termine donc ma bière, prend un grand respire et tente de les rejoindre afin de me vider des quelques énergies qu'il me reste de ma dure journée. Sur ces mot, l'oiseau lavabo refit son son qui ressemble plus, dand les fait, au bruit d'une balle lancée très rapidement. Un deuxième ami se mêle de la partie. Un singe peut-être? Un drole de bruit en tout cas.
Fausse alerte. Je ne me rendis jamais au terrain de basket. Au contraire, je mis mon costume de bain et alla relaxer dans la piscine. Activité merveilleuse. J'étais seul dans le complexe et je penais mes aises. Pendant quelques temps, tout ça était à moi. Pas pire. Suite de luxe avec bar privé, piscine privée, petits sentiers privés, j'étais maître des lieux.
La saucette fut suivi d'une bonne douche. Antoine m'avait dit que l'eau de la douche n'était pas chaude mais bien tiède. Je reconnaissais le chauffe-eau électrique attaché directement après la pomme de douche et me rappela mes expériences passées. Le chauffe-eau chauffe dès que l'eau est activée. Plus le jet est fort, moins l'eau a le temps de se réchauffer. j'ai donc fait un produit croisé et magie! J'ai eu une eau chaude à souhait pour me réchauffer du soleil qui venait de tomber. Maman, tu seras contente de savoir que j'en ai profité pour me raser! J'étais tout propre pour souper.
La preuve que j'étais déjà installé, je savais exactement où aller manger et quoi manger. La même chose qu'hier à la même place qu'hier. Je suis toujours pas certain de savoir quelle sorte de viande c'était mais je l'aimais bien. Assis à la même table, mon amie de la veille qui m'avait invité au basket y était aussi. Son chien eu beaucoup de plaisir avec Popo. J'étais seul dans la place, elle mangea en même temps que moi et on se raconta un peu qui on était en regardant Les Simpsons en espagnol. Tout va bien, le rythme est bon.
Le soupé à peine ingéré, j'était de retour à l'hostal. Je permis à Antoine de nous reservir du thé si l'envie lui prenait en ajoutant que je lui en donnais toute la liberté. J'ajouta de nouvelles photos à l'album numéro 4, il termina sa journée de travail, éteigna les lumières de la réception et prépara le thé que nous bûmes (j'adore le passé simple) dans les hamac. Rien de trop beau pour conclure mon premier 24h à Misahualli.
Pendant le souper, un couple d'allemand se sont installés dans la suite. Ils s'étaient empressé de ressortir pour tenter d'évaluer les activités potentielles du village. Le village est petit mais un voyageur en quête de divertissements peut facilement s'occuper pendant pas mal de temps. Le thé terminé, ils étaient de retour de leur quête. Gentil couple, propre, organisé, déterminé, chronométré. Gentil mais j'étais assuré de les croiser dans aucune de mes activités. Le gars m'a avoué qu'ils devaient faire vite pour organiser leur temps parcequ'ils n'avaient que 2 jours ici et voulaient être certain de ne rien manquer. Comme je disais, je voyagerais probablement pas avec eux. Mon plan de demain est de retourner voir les singes... peut-être traverser le pont... peut-être les singes encore. C'est à peu près ce que j'ai fait aujourd'hui et m'a pris presque 2500 mots pour tout raconter. Si je passais la journée avec eux, ça me prendrait probablement une secrétaire pour tout noter. J'vais m'en tenir au singes et au hamac.
Les sujets de conversation étant écoulés, je termina ma bière en vitesse et me retira pour la nuit. Antoine était déjà parti, j'avais terminé ma soirée. C'est un peu domage qu'ils soient arrivés, j'avais une belle conversation avec Antoine dans les hamac. Mais bon, ma journée a commencé avec une branche de canne-à-sucre, ça peut difficilement mal se terminer. Bonne nuit les singes, bonne nuit Popo, bonne nuit à toi aussi à la maison!
NOTE: À date, j'ai utiliser 4567 mots que j'ai répété en moyenne 7 fois chaque. Intéressant. Voilà mes limites. J'vais essayer de me forcer pour le nombre de mots différents. Peut-être en finissant par tout mettre au passé simple.
2 commentaires:
Mes 2 p'tits boys sont couchés en bas et je suis certaine qu'ils aimeraient être avec mononcle Mathieu et les singes, je vais leur raconter demain matin.
Je t'embrasse sur la joue fraichement rasée hihihi.
Dis bonjour à Antoine de ma part.
On te lit toujours...xxxxxx
Mom
Mes deux petits boys sont chez leur grand-mère, Edith se magasine une paire de souliers pendant que moi je te lis dans l'auto en attendant Edith. C'est.vraiment intéressant et divertissant de pouvoir lire ton voyage comme ça
Salue les singes et à la prochaine
Mart
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