samedi 31 mars 2012

Jour 27 - Misahualli prise deux

Je me suis réveillé au millieu de la nuit me me disant que c'était ma dernière nuit dans ce Jungle-Lodge. Le service VIP était terminé, le 24$ par nuit devenait cher tout d'un coup. Je fis en plus de ça un rêve en 4 dimensions. Je rêvais que j'allais voir un film au cinéma, ce film était un film participatif et en plus, je l'avais déjà vu. Je n'étais pas cappable de dire si j'avais déjà vu ce film dans un rêve, si j'avais déjà fait ce rêve ou si j'avais déjà vu ce film en vrai. Il sagissait d'une invasion d'extra-terrestre coordinnée par l'armée. Les soldats portaient des sacs de jute sur la tête et les extra-terrestres ressemblaient à des R2D2 applatits. Lorsque les robots nous voyaient, ils nous tiraient dessus, nous devions donc nous cacher. Il était possible de s'échapper mais les soldats nous faisaient prisonnier. Le film se terminait quand tout le monde était capturé. Nuit difficile. 

Au petit matin, le couple au bébé commença les festivités à 7h45. Un peu trop tôt pour moi. Mon heure était 9h30. Je garde quand-même le sourir car je suis au paradis et je me recouche. 30 minutes plus tard, c'est Popo qui veut sortir. Je l'attache à sa corde, je le mets dehors et je me recouche avec le sourir car je suis au paradis. 30 minutes plus tard c'est la famille d'en haut qui revient du déjeuner. Le bébé pleure et cour partout, ça me réveille, je respire et me rendors car je suis au paradis. 30 minutes plus tard c'est Popo qui part à courir en jappant à plein poumon. Je me lève, réalise qu'il a grugé sa corde et qu'il est maintenant en liberté. Je pars à sa recherche en l'appelant. Il vient à moi, je l'amène dans la chambre, le couche sur la petite serviette à côté de la porte et me recouche avec le sourir car je suis toujours au paradis. 30 minutes plus tard, c'est l'heure de se lever (mon bébé). Je prends une douche, m'habille et me rends au coin déjeuner.

La dame de 275 ans est la personne avec qui je m'entends le mieux dans tous les convives. Je la salue. Je sens bien le malaise d'Antoine qui redouble de gentillesse et de politesse avec moi. Je lui avait confirmé ma présence pour trois nuits et les trois nuits sont maintenant derrière moi. Il me demande si je retourne à Quito aujourd'hui. Je lui réponds que je ne crois pas retourner à Quito aujourd'hui mais que mon séjour au paradis était bien terminé. Je mange mon déjeuner tranquilement et prend une dernière marche au pays des singes.

Le ciel est couvert, la pluie s'en vien. Mes amis les singes sont à la plage. C'est l'heure du jeu et ils se balancent de branche en branche. Certains se tirent par la queue, d'autres tentent de se faire perdre l'équilibre. Plusieurs personnes sont au rendez-vous et s'amusent, comme moi, de voir ces petites bêtes s'amuser ainsi. Certains singes ont pris comme cible un petit garçon d'à peine 3 ans qui s'en amuse tout autant. Ils lui tirent une jambe, lui grimpent sur le dos et tentent de le faire tomber. Le petit garçon s'amuse bien et les spectateurs encore plus. À un moment il avait trois singes après lui. C'était exactement la raison pour laquelle je m'étais levé ce matin là. Mieux encore, c'étais pour cette raison que j'avais fait 9 heures d'avion et 7 heures d'autobus. Oui, j'étais au bon endroit.

La pluie commençait à tomber, je décida de rentrer en passant par l'Auberge espagnole pour m'informer des tarifs. Je choisis cet endroit parceque j'y prenais déjà le souper, pourquoi ne pas combiner le coucher. En plus, la fille qui gère la place est très gentille et est déjà mon ami. Elle m'indique que la chambre est 13$ avec déjeuner ou 10$ sans déjeuner. Douce musique à mon oreille. Je me doute que je n'aurai pas le confort de mon paradis exotique. Je visualise mentalement une toute petite chambre, comme la première de Cuenca, pour être certain de ne pas être déçu. Je confirme à mon amie Zoraida que je prendrai la chambre, qu'il ne me restait qu'à aller chercher mes choses au France-Amazonie.

En arrivant à mon bientôt ex-paradis, je demanda à Antoine l'heure à laquelle je devais quitter la chambre en espérant qu'il me dise de prendre mon temps. Il pleuvait beaucoup et je n'avais pas le goût, même si je n'allais pas loin, de quitter sous la pluie. Il m'informa que l'heure du départ devait être avant 11h30, il ajouta en plus que ma chambre était très en demande, ce qui expliquait pourquoi je devais respecter cette heure. Je lui demanda l'heure. Son ami que je n'aimais pas (Oui, je le dis, je ne l'aime pas. Je crois qu'il est parisien. Mais bon, c'était une parentaise au paradis.) m'informa qu'il était 11h20 et qu'il me restait 10 minutes pour quitter. Humour, délicatesse, pédence, vie misérable... je ne sais pas mais je lui souhaite de vivre une vie heureuse.

Je ne pu me retenir complètement et dis gentillement à Antoine que j'allais ramasser mes choses tranquilement. Je devais gagner quelque chose en quelque part. Je devais savoir que je pouvais prendre 5 minutes de plus, qu'il me le permettait. Mais bon... Je suis au paradis, je suis au paradis, je suis au paradis. Je regagna ma chambre termina mon sac en 4 minutes, sorti de l'argent de ma ceinture et retrouva Antoine à la réception. Le total de mes trois jours incluant les dodos, les déjeuner et mes consommations (bières et bouteilles d'eau (en passant, Pierre, ne t'en fait pas, mon eau est embouteillée par Coca Cola! J'ai pensé à toi quand j'ai vu le bouchon.)) monta à 89$. Pour une moyenne de 30$ par jour, le paradis tout inclus coûte pas trop cher, c'est bien. Ça me fait du bien de savoir que le tout resta sous la barre psychologique du 100$.

Le tout payé, sac sur l'épaule, je parti en direction de ma nouvelle maison. France-Amazonie est sur le seul chemin qui mène au village de Misahualli. Une voiture s'arrêta pour me demander la direction de Puerto-Misahualli. Ah, les touristes! Je leur répondi, heureux de pouvoir les aider mais surtout d'avoir compris la question, que c'était ici, en pointant la direction du village. 400 mètres séparait mon ex-paradis du village, 150 mètre séparait maintenant ma nouvelle maison du village. Je me rapprochait des singes!

Arrivé sur les lieux, ma nouvelle amie, Zoraida, était parti faire une course. Je fis comprendre à la dame qui m'accueilla que rien ne pressait, que j'avais tout mon temps. Je lui demanda si elle pouvait me servir une bière en attendant, ce qu'elle s'empressa de faire. 

Popo connaissait déjà bien le chien de Zoraida et en avait fait son compagnon. Moi je connaissais bien les lieu, j'avais déjà mon spot à côté de la porte. À date, todo bien. Zoraida arriva 5 minutes plus tard et me montra ma chambre. Comparativement à ma chambre au paradis, elle était plus grande avec une salle de bain plus grande. Elle ne faisait pas face à la rivière et n'avait pas trois murs de moustiquaires mais avait quand même une petite fenêtre et tout l'espace dont j'avais besoin. J'avais moins l'impression d'être dans un décors de safari mais j'avais plus l'impression d'être à Misahualli. Je déposa mon sac sur le lit et retrouva ma bière au premier plancher à côté de la porte. 

Zoraida me fit savoir qu'un salon ouvert se trouvait à l'étage juste au dessus du restaurent. Elle m'y emmena et je fus très agréablement surpris par la qualité des lieux. Des portes entourraient ce salon, je lui demanda pour voir les chambre toutes les chambres autour du salon étaient des chambre à quatre ou plus, une chambre seulement n'était que pour une personne. Elle ouvrit la porte et je fut charmé du premier coup d'oeil. Une toute petite chambre sans fenêtre. Seule une ouverture dans le haut du mur, protégée d'un moustiquaire, permettait à l'air de circuler. Le ventilateur qui était installé au plafond répondait très bien à la chaleur de la journée et la salle de bain, encore plus grande que la première, répondait très bien à tous mes besoins. L'accès direct à ce salon ouvert transformait cette petite chambre en suite de luxe. Je venais de trouver mon paradis numéro deux. Il n'y avait peut-être pas de piscine mais avait wifi dans le tapis. 13$ la nuit, déjeuner unclus, un autre voyage commence. 

Pizza au jambon, bouteille d'eau et marche avec Popo. No problemo. De l'autre côté du pont il y a une réserve quishua où on peut y apprendre les différentes propriétés des herbes médicinales de la région, L'Ecuador est reconnu comme était la pharmacie de la terre. Possédant une biodiversité équivalent à tout le reste de l'Amérique du sud, les gens qui connaissent bien la forêt n'ont pas besoin de pilules pour soigner leur grippe. Je me suis même fait dire qu'en plus de posséder un remède pour tout, le Écuadoriens ne sont jamais malade. Tant mieux. Je traverse donc le pont suspendu. À chaque pas, le pont fait des vagues comme si il reposait directement sur l'eau. Je croise deux camion lors de ma traversée. Ce pont est à peine large pour un véhicule. Je prends donc Popo dans mes bras et me colle sur le côté en faisant bien attention de ne pas mettre le pied dans le vide car vide il y a. De l'autre côté du pont, de gros camions sont en train de construire la route. Je les contourne et poursuis mon chemin. À chaque personne que je croise, je pratique mes règles de politesse en lançant un "¡hola!". Je comprends rapidement que "hola" est trop famillier et qu'il est préférable de dire quelque chose qui commence par "Buenas". "Dia" pour le matin, "tardes" pour l'après-midi et "notches" pour le soir et la nuit. J'ai été plus souvent qu'à mon tour dans une situation de "tardes" mais à chaque fois, j'entends "bon-tard" je trouve ça trop étrange pour l'utiliser. Je devrai par contre m'y faire car ici, c'est la bonne manière. Ceci étant dit, j'ai quand même trouvé une alternative qui fait bien mon affaire. plusieurs personnes ne se rendent pas au deuxième mot et prononce uniquement le "Buenas"! J'adopta sur le champ. Buenas... buenas... buenas... facile!

Je me pratiqua donc en chemin et mon buenas était fructueux. Donc l'objectif était à peu près à 5 kilomètre. J'avais le temps. Un léger détail m'obligea à changer mes plans. La température. Pour la première fois de mon voyage, la température extérieur atteignait les 3641 degrés Celcius, température où même le feu prend en feu. Après 400 mètres, je cru sage de rebrousser chemin et de retourner à l'auberge prendre ça relax. Même Popo n'en pouvait pu. Le soleil était direct et le ciel sans nuage. Attendons un peu, un peu plus tard, un autre jour, mais attendons. J'oublis parfois qu'ici, je suis en vacances et non en classe verte. Une dégustation de crème glacée sur la place publique fait beaucoup plus de sens. Ce que je m'empressa de faire. Buenas... buenas... buenas... et j'étais rendu. Dans un petit restaurant, je pu voir à l'avant une petit frigo à crème glacée. Comme dans l'annonce télé où la dame au club med doit calculer le prix total d'une location pour elle et pour son enfant, où 10+5 dépasse les capacité d'un cerveau au repos, j'étais incappable de choisir. Je m'empressa de choisir un petit cornet au hazzard et le dégusta sur le pas de la porte du resto. Je pu remarquer à cet instant à quel point le temps arrêtait quand la température augmentait. La place était pleine mais chacun trouvait son ombre et y restait sans bouger, les secondes passaient lentement, leeeenteeeemeeeent. C'était bieeeeeen.

Quoi faire lorsqu'un petit cornet nous a fait du bien? on en prend un deuxième qu'on déguste lentement en retournant à l'auberge. Je regagna ma terrasse et mis mes souvenirs à jour. J'ai pu apprendre en même temps que Martin lisait mon viaje sur son téléphone pendant qu'Édith magazinait les chaussures. J'suis bien content de lui permettre cette pause exotique! Bon voyage à toi aussi :)

Après la rédaction, un peu de lecture et finalement, l'aboutissement d'une journée riche en dépassement physique et en records d'efforts, la sieste! Ah oui, elle est bonne cette sieste. Je souligne le ventilateur au plafond qui balaie toute la chambre et qui me rafraîchit le dos à chaque rotation, je peu rien demander de plus. Popo ne se fait pas prier non-plus. De tout son long, il fait l'étoile à côté de moi. Nous avons tout les deux passé une journée très difficile. Traverser le pont et manger deux crèmes glacées, nos efforts étaient enfin récompensés.

Je me réveilla, il était 6h00, heure de tombée de la nuit. Je devais manger un peu avant de passer sous la table. Je descendis en bas au moment ou mon amie Zoraida revenait de la plage avec son chien. Je lui signala mon intention de manger et elle me suggéra un plat dont j'oublia le nom aussitôt après l'avoir approuvé. J'aime bien me faire dire quoi manger. La seule fois où j'ai moi-même choisis mon repas, ce fut de la pizza. Pas très exotique. Je demanda à Zoraida de choisir la sorte pour moi mais elle me répondit que je n'allais pas aimer sa pizza préférée. J'insista et elle insista à son tour. Elle me suggéra la pizza jambon et oignon, j'accepta. La pizza qu'elle ne voulait pas me servir était avec des morceaux d'ananas. La pizza hawaienne. Bon, si je lui donne le droit de me dire quoi manger, elle doit aussi avoir le droit de me dire quoi pas manger, ça va dans les deux sens je crois. 

La pizza était bien bonne. Elle s'occupa de Popo pendant que je mangeait. J'essaya de mettre de nouvelles photos sur facebook mais mon téléphone ne se connectait pas à internet. Mon petit doigt me dit que la connection se fait mal lorsque la batterie est faible. Je me résigna donc à laisser Internet de côté pendant mon repas. Je devrai trouver le moyen de recharger mes technologies, la chambre n'offre pas de prise de courant. Tout ne peux pas être parfait. J'imagine que c'est une façon de me tempérer la connectivité. Il y a rien pour rien. Quand il y a rien à la télé c'est que c'est le temps d'aller jouer dehors. Je me contenta donc de manger. L'assiette était très grosse. J'eu assez de la moitié. Je fis envelopper le reste et le monta à ma chambre. J'aurai un lunch en back-up. 

Le repas ingéré, je demanda à ma nouvelle ami si elle voulait sortir avec moi ce même soir. Encore ici, je senti l'hésitation et repris mes parole en précisant que je ne sortirais pas seul mais je j'aimerais bien l'accompagner si elle sortait. Elle m'expliqua qu'elle devait rejoindre des amis et je lui dit aussitot qu'il me ferait bien plaisir de me joindre à eux. Je compris que ma première intervention ressemblait plus à une demande de rendez-vous qu'à une demande azile. Je tenta du mieux que je pu de désamorcer le tout. Je verrai plus tard si le message a bien passé. C'est une jolie fille qui doit, daprès-moi, dealer avec beaucoup de prétendants et je n'ai aucunement l'intention de marcher dans ces sillons. Elle ne sait pas encore que je ne tenterai rien avec elle, j'essaierai de lui faire comprendre plus tard si l'occasion se présente.

Pour l'instant, je relaxe (et digère) au balcon. Le soleil m'a tapé aujourd'hui, j'ai les bras, le nez et le front rouge. Malgré un bref moment au soleil, il eu son effet. Je ne sais pas quand mettre la crème solaire. Je croyais vraiement que la journée allait être grise. Ce matin il pleuvait comme si la journée au complet s'enlignait grise. Je crois qu'il a plu quatre fois aujourd'hui. Encore là, il pleut encore mais, au dire de Zoraida, c'était une journée merveilleuse pour la plage. On est habitué de s'habiller en fonction de la météo. Il annonce de la pluie, on met notre manteau de pluie. Il annonce de la neige, on met notre manteau de neige. Il annonce du soleil, on met notre manteau de soleil. Ici, la madame météo sert pas à grand chose, elle se contredit aux 30 minutes. 

En passant, pour ceux qui s'interrogent, mes fluides vont bien. J'ai même de la concistance!  Ma flore est sur le bon chemin, je l'encourage et lui transmet vos mots doux. 

Bon bin, on dirait que je suis pas due pour sortir à Misahualli. 10h45 et pas de nouvelles de ma nouvelle amie. Il pleut, j'ai pas vraiement le goût d'aller prendre une marche pour sentir un peu. Je trouve ça un peu poche d'avoir passé mon vendredi soir et mon samedi soir à attendre quelqu'un qui arrive pas mais bon, je suis au paradis, je suis au paradis, je suis paradis. J'imagine que c'est ça qui est ça, tout simplement. C'est probablement mieux si je me couche, comme ça je pourrai être debout pour le déjeuner, c'est à dire entre 7h30 et 9h30. Bonne nuit.

Jour 26 - Misahualli sous la pluie

La nuit fut entrecoupée de quelques périodes de grattage de pied. J'avais osé passer une partie de la journée d'hier pieds nus, tel un vacancier, mais j'ai eu à en payer le prix. Mes pieds et mes chevilles rosée furent un régal pour les différents insects. Bien qu'à chaque pas je détruisait probablement des familles entières d'insects minuscules, les survivant ont tot fait de prendre les armes et me faire payer ma tyranie. Comme dit si bien Linda Tremblay, "Et oui". Je décida donc de mettre mes bas en imaginant que ce geste allait arrêter les démangeaisons. Il est grand le mystère de la foi. J'étais déterminé à dormir, la passe des bas fonctionna. Je me demandais si ce n'était pas le lit qui abritait des petites fourmis mais je décida que non sous le principe que le fourmis ne se contenteraient pas de mes pieds. Ce tour de passe-passe psycho-somatique me permis de me rendormir jusqu'au petit matin. 

Le déjeuner est servi entre 7h30 et 10h30. Concidérant que je me contente d'un seul autre repas dans la journée, je m'arrange pour pas le manquer. La constante du déjeuner est 3 petits pains, un verre de jus fraîchement pressé, de la marmelade, du beurre, un carré de fromage, du café, un oeuf et un fruit. La canne à sucre d'aujourd'hui avait été remplacé par une tranche d'ananas. Je regrettais pas trop ma dose de sucre. J'eus senti (plus-que-passé?) ses effets pendant un bon bout de la journée de la veille. L'ananas allait faire l'affaire. Ma flore du matin était, à l'image des autres matins, pas trop rassurante. Je crois que si j'arrêtais de m'en faire, elle irait braucoup mieux. Mais bon, qui sait. Pour l'instant je me permet un mini-stress donc, pas d'alerte rouge, pas de panique générale, juste un petit feeling incommodant qui s'estompe avec la bière d'après-midi pour me rappeler que je suis loin de chez moi. Qui prend mari prend pays. Vive la France.

Je suis le dernier à manger. Le couple d'allemand arrivé la veille quittait déjà pour l'aventure et la dame de 223 ans examinait une carte de la région pour enligner sa journée. J'ai beaucoup de respect pour elle. Sa bouche tremble quand elle parle tellement elle a vécu mais elle est la première à partir avec seulement une petite bouteille d'eau pour découvrir les canibales de la réserve d'à côté. Elle disait elle même que c'était peut-être son dernier voyage. De mon hamac, je prends une gorgée de bière à sa santé.

Je m'instale donc à la table qu'Antoine avait préparé pour moi, Popo à mes côté attendait avec patience le petit morceau de pain que j'allais lui donner. Je mangea tranquilement et retourna me coucher. Todo bien! J'en ai souvent parlé mais c'était la première fois que je passais à l'acte. En plus, la pluie venait de commencer. Quelle belle opportunité de faire la sieste en écoutant la pluie tomber sur le toit de paille. Je m'étais donné le droit de dormir tant que la pluie tombait. Bel étalon.

Vers 12h30, mon ami allemand me réveilla en me demanda à travers le moustiquaire si j'étais intéressé à partir en expédition avec eux. Le guide passait les prendre vers 13h00 et une place était disponnible pour moi. Bel attention. Je le remercia profondément et déclina gentillement son offre. Je n'avais aujourd'hui aucunement l'intention de me retrouver au pays des insects géants à marcher sous la pluie avec un allemand qui ne désire qu'accélérer le pas pour être certain de tout voir. Culture pour culture, mon nouvel ami est très gentil mais nos objectifs diffèrent énormément, et c'est tant mieux. Il pourra me raconter tout ce qu'il a vu et je lui raconterai tout ce que j'ai bu! Mais non maman, pas tant que ça. :)

Il est 13h30, je sors enfin de ma cabine. Je dois avouer que je voulais être certain que mes amis allemands soient parti avant de sortir de ma chambre. Je voulais avoir un deuxième réveil tout en douceur. Je prend mon pad et me rend à l'accès wifi pour surfer un peu. Après quelques minutes et quelques hësitations, Antoine me confie que de nouveaux logeurs doivent arriver durant l'après-midi. Jusque là, je ne comprenais pas l'hésitation. Il ajoute qu'il n'avait plus de cigarette. Ah là je commence à comprendre. Je lui demande si il aimerait que tienne maison durant son absence, il me confie plutot qu'il aimerait bien que je fasse la course pour lui. La situation est très comique. Ça me fait bien plaisir de partir à la recherche de cigarettes pour lui. Il m'explique pas où passer pour atteindre la tienda et l'idée m'enchante encore plus. L'emplacement est tout sauf stratégique. Premièrement, il faut repérer le chemin, pas la rue, le chemin. Il faut aller jusqu'au bout puis tourner à gauche. Après qurlques maisons je trouverai la tienda et je la reconnaîtrai aux trois caniches qui m'accueilleront. Je précise, à défaut de repérer l'enseigne, je dois trouver les trois caniches qui me guideront vers le point de service. Voilà le type d'activité qui me plait. Bien plus immersif d'après-moi qu'une balade en pirogue. Mais bon, ça reste mon avis. L'argent dans la poche, les indications dans mon tirroir de la mémoire, je suis pret. 

Passer devant le premier chemin. Bon, ça commence. J'étais pret à trouver un chemin mais ici on dirait une entrée privée. Est-ce que je m'aventure chez quelqu'un ou suis-je à la bonne place? Je vois un peu plus loin une deuxième maison, puis une troisième. Bravo, ceci est bien un chemin. Je dois souvent me fier aux cordes-à-linge pour en convenir que les lieux sont habités. Sinon les lieux ressemblent plus à des chantiers de construction ou à des chantiers de démolition mais rarement à des maisons. Je commence à comprendre tranquilement quelles sont les étapes pour construire une maison ici. On monte une boîte en bloc de ciment à laquelle on laisse l'ouverture pour la porte et quelques ouverture pour des fenêtres. On instale des feuilles de tôle ondulées comme un casse-tête ou une courte pointe. On tend un fil électrique de la rue vers la maison et voilà, nous avons une habitation. Certains ont un toit solide sur lequel est aménagé une terrasse avec les cordes à linge. On a bien entendu sauté l'étape du revêtement mural, de l'habillage de fenêtre et de la climatisation. 

Pour les coquets, le mur de bloc de ciment est recouvert d'une couche de ciment pour égaliser le tout. Cette étape fait toute la différence dans l'estétique visuelle de la construction mais cette coquetterie n'est pas pour tous et chacuns. Ajoutons à ça quelques poules, des chiens, des jardins et une télévision et vous avez la maison typique misahualienne. J'aurais pleins de bonnes photos à faire pour détailler mes écrits mais je trouve que je dépasse les bornes du touriste quand je sors mon iPhone pour prendre la misère en photo. C'est probablement dans ma tête mais j'ai un problème avec ça. La petite madame de 185 ans qui marche dans la rue, pliée en deux, avec un sac de grains plus gros qu'elle sur son dos désire probablement un peu d'aide au lieu de se faire prendre en photo. Ça m'est arrivé souvent. J'me dis que, si j'ai le goût de la prendre en photo, je dois l'aider à porter son sac au moins un peu et habituellement j'ai pas assez le goût de l'aider donc, je range mon iPhone.

Quelques chiens, poules, dindes et canards plus tard, j'arrive au bout du chemin. Je tourne à gauche, passe devant trois maisons et en remarque une dont la fenêtre laisse entrevoir des biens cordés sur une tablette. lorsque je voyais dans les maisons, les pièces étaient toujours vide. Celle-là ressortait du tas. À bon vin point d'enseigne! Le vin ici devait être excellent. Rien, mais rien, à l'extérieur indiquait la présence d'un commerce. Seul les trois caniches confirmaient mon idée. J'étais à la bonne place. La dame arriva à la fenêtre, je lui demanda le paquet de cigarette, elle me le donna, me demanda 1,50$ que je lui remis et voilà, ma mission était accomplie! Je ne me serais jamais aventuré là sans mission. Merci au besoin de nicotine d'Antoine!

De retour à l'hostal, je remis le paquet à Antoine qui était bien content se fumer et il m'offrit de partager sa bière. Voilà un bel échange. Je profita du reste de l'après midi pour écrire ma journée bien alongé dans un hamac en écoutant la pluie qui venait de recommencer à tomber. Petite vie petite vie.

Vers 16h je parti à l'aventure avec l'espoir de revoir mes amis les singes. La plage était déserte, mes amis étaient sur la place centrale du village. Je pris une petite marche dans les environs en empruntant un chemin qui ressemblait à celui emprunté plus tot. J'avançais sans trop savoir où j'allais. Je regardais le soleil qui se couchait rapidement choisis de revenir au village pour y trouver mon souper. Ce fut une saucisse et un burrito au poulet que je partagea avec Popo et les singes du village. J'ai beaucoup aimé partager un banc de parc avec un petit singe qui mangeait ce que je lui donnais. Il était calme, détendu, non chalant et ne s'en faisait pas trop avec la vie. J'étais beaucoup plus impressionné de la voir que lui de me voir. Il a même donné à un chien son restant de saucisse que je venais de lui donner. J'ai beaucoup à apprendre de cette petite bête. Et c'est officiel, Popo n'aime pas les singes. Il n'aime pas se faire tirer la queue ou la patte. Popo n'impressionne aucun singes et ces singes sont habitués de se foutre de la geule de chiens bien plus gros que Popo. J'avoue que je garde Popo en laisse quand les singes sont près. Il ne sont pas bien gros mais le plus gros serait provablement cappable de le traîner un peu. Bref, j'aime beaucoup mes nouveaux amis. 

De retour à l'hostal, je remarque qu'un couple d'américain avec un petit bébé sont dans la piscine et qu'un ami d'Antoine est venu le rejoindre pour le week-end. Je tente de prendre mes emails mais la connection n'est pas très bonne. Je décide de regagner ma chambre mais la petite famille vient de regagner ses quartiers qui sont juste au dessus de ma chambre. Beaucoup de bruits, ça change tu temps où j'étais seul dans le complexe. Je regagne donc un hamac à l'extérieur et poursuis ma rédaction. Entre-temps, mes amis allemands reviennent de leur expédition dans la jungle. Popo ne les aime pas dutout et jappe après eux comme si c'était la fin du monde. Pauvre Popo, je ne sais trop quoi faire, il ferait un excellent chien de garde mais une très mausaise carte de visite. Il adore foncer sur les gens en jappant à pleine gueule. Lorsque l'alarme est déclanchée, rien ne peut l'arrêter. Je sais qu'il ne mord pas mais ses cibles ne sont pas au courant. J'avoue que si un petit chien venait vers moi de cette manière, c'est un beau coup de pied préventif qu'il recevrait. Je déteste les petits chiens qui jappent, bien plus que les gros chiens. J'ai l'impression que le gros chien connais sa force et agit en connaissance de cause. Le petit chien tant qu'à lui est sur une toute autre planète, a aucune idée de ce qui se passe et mise le tout pour le tout. Pauvre Popo, il a peur de tout et voit tout comme une menace. Pauvre Popo.

Entre-temps, je me suis un peu invité à sortir avec mon hôte et son ami. Sachant qu'ils allaient sortir, je leur demanda si ils sortaient à Misahualli ou à Tena. Antoine me répondit qu'ils allaient se faire un billard à Misahualli. Je répondit que c'était bien... ...en laissant un silence assez long pour que les règles de politesse l'amène à m'inviter à y aller avec eux et ce, du bout des lèvres. J'aurais, en temps normal, décliné l'offre qui sonnait beaucoup plus diplomatique qu'invitante mais le calcul dans ma tête faisait en sorte que j'aimais mieux sortir et découvrir Misahualli by night même si je devais jouer le rôle de la troisième roue du charriot. Sinon, j'allais passer la soirée à essayer de dormir dans ma chambre en déchiffrant tous les mouvements de la petite famille qui loge au dessus de ma tête. Et quelle autre chance j'aurai de découvrir ce petit village un vendredi soir. Voilà. Mon raisonnement est probablement bien trop compliqué pour rien mais la conclusion fait mon affaire.

Je pars à ma chambre changer de t-shirt. Je crois bon changer le t-shirt que j'ai sur le dos pour un autre. Le t-shirt actuel est rose avec un gros imprimé du stroumph à lunette, rien pour passer innapercu. Le seul t-shirt noir que j'ai avec moi a un gros imprimé de Papa stroumph sur le devant. Décidément. J'ai deux autres t-shirt noirs mais eux, affichent des têtes de morts. Je sais pas trop j'avais quoi en tête quand j'ai fait mon sac. Au Québec, les stroumph et les têtes de mort passent innapercus. Rendu ici, j'ai l'impression que c'est pas pareil. Bon, c'est pas vraiement des tête de mort. Un t-shirt de pirate et un t-shirt de Motley Crue, mais quand-même. Je pensais pas que, perdu dans la jungle, j'aurais de la difficulté à choisir quoi mettre pour sortir. 

Quand soudain, éclaire de géni! J'ai tendance à penser qu'on reconnait que je suis différent à mon habillement. Ici, même habillé tout en noir ou tout en vert, je reste différent. Je garde donc mon chandail rose du stroumph à lunette. C'est un peu nono de penser que je peux me fondre dans la masse ici. Je suis plus grand que tout le monde. Ah oui, j'oubliais, et je suis blanc.

Je décide donc de mettre mon t-shirt de pirate et de boire une petite grosse bière en attendant que mes amis pris au piège soient pret. Surprise! Mes amis sont parti sans moi. Mieux vaut être seul que mal accompagné? Note à moi-même: Toujours écouter mon petit doigt. Vive la france.

vendredi 30 mars 2012

Jour 25 - Réveil chez les singes

J'ouvre les yeux pour la première fois, il est 9h30. Après un snooze de 15 minutes, je me rappelle que le déjeuner m'est servi jusqu'à 10h30. J'entends la rivière qui coule juste à côté et les oiseaux qui sont réveillés depuis un petit bout. Je me réveille tranquilement à mon tour en me disant que si il me restait des heures de sommeil à reprendre, j'avais juste à me recoucher après avoir mangé. Aucune loi n'interdisait ça ici. Antoine me servi donc 3 petits pains avec confiture, un oeuf brouillé, un jus de fruit de la passion, un café et une branche de canne à sucre. Tout concorde avec ma géolocalisation actuelle. Je mange lentement tout en tempérant Popo qui avait senti le pain. Popo adore le pain. Tout était très bon. Simple mais très bon. J'ai eu besoin de l'aide d'Antoine pour démistifier la canne à sucre. Je voyais pas trop comment m'y prendre pour manger ce qui ressemblait à un bout de bois. Antoine m'expliqua que je devais mordre le dit bout de bois et en sucer le jus sans manger la fibre. Comme de fait, ce petit bout de bois était plein de sève sucrée, du vrai sucre! La comparaison avec le sirop d'érable était facile à faire, saveur d'érable en moins. Bonne chose.

Le petit déjeuner avalé, un petit facebook sous le petit toit et Antoine m'informa qu'il allait faire les courses. Je l'accompagna au village qui était tout proche. 400 mètres je crois. C'était mon premier visuel de Misahualli. J'était arrivé de nuit, je n'avais donc rien vu. Une place centrale avec des commerces tout autour. On est loin de la Place Jacques-Cartier ou même de la Place Bourgette. C'est un petit carré avec une sculpture centrale qui a peut-être déjà servie de fontaine, quelques arbres dont deux en cage, des petits trottoirs pavés et des zones de végétation avec une pancarte qui disait qu'à misahualli, les singes faisaient parti de la vie. Je compris que les arbres en cage était pour les protéger des singes mais je ne voyais pas de singes. Étrange.

Je marcha vers ce qui me semblait un accès à l'eau. Misahualli est situé à la rencontre de la rivière Napo, qui deviendra l'Amazone un peu plus loin, et de la rivière Misahualli. L'eau n'est pas cristalline mais je ne connais pas son niveau de salubrité. Popo en a bu un peu et plusieurs personnes se baignaient dedans. Le courant est fort. Là où j'étais, plusieurs embarquations attendaient les touristes. Une bonne douzaine de très longues chaloupes à moteur avec un petit toit et une série de banc face au côté attendaient les explorateurs en herbe. Pour l'instant, je ne suis ni explorateur, ni fait d'herbe. Je fut par contre agréablement surpris de découvrir la cachette des singes! Ils étaient tout autour de moi. J'en compta vingt au total. Tous soit un peu plus petit ou un peu plus gros que Popo. Ce fut très facile pour moi de prendre siège et d'observer mes nouveaux amis. J'étais très content de les rencontrer. Un autre des objectifs de mon voyage était accomplis. Ils étaient tout autour de moi, nonchalant et currieux de voir Popo. Il y avait plusieurs chien ici mais Popo était le plus petit. Je trouva très drole de voir quelques singes tirer la queue de Popo. Popo trouvait ça un peu moins amusant. Au début il était currieux mais rapidement, il se retrouva sous moi pour se protéger de ces créatures au sens de l'humour douteux. Certains se promenaient au sol, d'autres dans les arbres.

J'ai appris, avec l'aide de mon nouvel ami le singe, comment trouver des petits insects pour s'en régaler. La technique est simple. On prend un vieux bout de bois au sol et on le cogne le plus fort possible contre une branche d'arbre pour le briser en deux. Lorsque le morceau se brise, on regarde immédiatement à l'intérieur pour voir si quelque chose s'y cache. Probablement parceque j'avais bien mangé, je n'avais pas assez faim pour en déguster le contenu. Je me contentait donc de briser les bout de bois en deux et donnait les morceaux brisés à mon professeur assis à côté de moi. La chasse ne fut pas fructueuse, j'ai probablement pas le tour pour trouver les bons morceaux. Il se contentait de les porter à sa bouche et de les sentir mais rien n'en sortait. Je voyais bien qu'il me pardonnait. Il savait qu'on ne trouvait pas son lunch dans toutes les vieilles branches. Après 3 ou 4 tentatives il me donna mon conger et parti se reposer sur une branche plus haute. J'espère faire mieux la prochaine fois et rendre mon maître fier de moi. Il était proche midi et c'était l'heure de la sieste chez mes nouveaux amis. Tous avaient rejoint les branches et auraient probablement allumé la télévision pour la sieste de midi. Je retourna tranquilement vers ma lodge pour continuer de suivre l'exemple de mon nouveau maître et m'installer pour la sieste. C'est chaud et humide. Tranquiiiiiiile.

Ah oui, j'oubliais. Je me vide encore de mes fluides mais au moins j'ai pu juste ça à raconter. Ça fait du bien! À la tienne Julie Bolduc, j'vais me chercher une bonne bouteille d'eau.

Je prends une bonne partie de l'après-midi pour recoller les morceaux de mon récit. Certains bouts sont sur mon téléphone et le reste est sur mon ipad. Mon téléphone capte mal le wifi, je transcrit donc à la main sur le iPad pour pouvoir finalement updater ça. En écrivant ces lignes, il y a un oiseau tout en haut de l'arbre qui chante drolement. Comme si c'était le dernier bruit d'un lavabo qui se vide par son drain en plus harmonieux. Bon, je sais, pas trop évident mais c'est le mieux que je puisse faire. Je ne suis même pas cappable de l'imiter en faisant le son moi-même. Bon, peut-être le son amplifié de quatre goutes d'eau qui tombe dans un verre d'eau. Mais bon, c'est liquide, ça on s'entend. 

Mon "Bonjour Antoine!" à mon arrivée a porté fruit. Le ton était tellement famillié qu'il m'a déjà offert le thé. Il m'a bien précisé de ne pas mentionner sur un blog qu'on m'avait offert le thé ici. À sa demande, je garderai ça pour moi et me contenterai de dire que l'endroit est agréable et confortable. La consigne qu'il m'a donné pour le bar est d'écrire sur un papier ce que je prends. Que ce soit eau, liqueur, jus ou alcool. J'aime bien les endroits où ça me prend moins de 24h pour me retrouver derrière le bar. J'ai donc pris un petit calepin que j'ai trouvé sur le comptoir, tourné la page, écrit mon nom sur la page suivante et commença ma liste. J'en suis à présent à 2 rhums, une bouteille d'eau et une bière. Il n'y a personne d'autre présentement. Seulement une femme australienne de 200 ans qui vient d'arriver avec son sac-à-dos, maintenant partie à l'aventure. J'ai toute la place (et Antoine) pour moi! 

Une demi-bière plus tard, Antoine est dans la piscine et on sonne à la porte. Mauvais moment pour lui. Je souligne l'inconfort en lui intentionnant mon aide. Il m'informe que si je veux ouvrir, c'est probablement son amie qui vient l'inviter à jouer au basket. Je me rend donc à la porte principale et ouvre la porte. C'était bien son amie avec le ballon. Elle est un peu perturbée de me voir ouvrir la porte mais si je ne me trompe pas (et je confirme que je ne me trompe pas), c'est elle qui s'est occupé de moi pour le souper hier soir. Elle m'invite donc à les rejoindre par plaisir. Je la remercie et laisse la porte ouverte pour une petite joute de basketball. Tout le monde sais que, comme le motocross, le basketball est une autre de mes passion. Je termine donc ma bière, prend un grand respire et tente de les rejoindre afin de me vider des quelques énergies qu'il me reste de ma dure journée. Sur ces mot, l'oiseau lavabo refit son son qui ressemble plus, dand les fait, au bruit d'une balle lancée très rapidement. Un deuxième ami se mêle de la partie. Un singe peut-être? Un drole de bruit en tout cas.

Fausse alerte. Je ne me rendis jamais au terrain de basket. Au contraire, je mis mon costume de bain et alla relaxer dans la piscine. Activité merveilleuse. J'étais seul dans le complexe et je penais mes aises. Pendant quelques temps, tout ça était à moi. Pas pire. Suite de luxe avec bar privé, piscine privée, petits sentiers privés, j'étais maître des lieux.

La saucette fut suivi d'une bonne douche. Antoine m'avait dit que l'eau de la douche n'était pas chaude mais bien tiède. Je reconnaissais le chauffe-eau électrique attaché directement après la pomme de douche et me rappela mes expériences passées. Le chauffe-eau chauffe dès que l'eau est activée. Plus le jet est fort, moins l'eau a le temps de se réchauffer. j'ai donc fait un produit croisé et magie! J'ai eu une eau chaude à souhait pour me réchauffer du soleil qui venait de tomber. Maman, tu seras contente de savoir que j'en ai profité pour me raser! J'étais tout propre pour souper.

La preuve que j'étais déjà installé, je savais exactement où aller manger et quoi manger. La même chose qu'hier à la même place qu'hier. Je suis toujours pas certain de savoir quelle sorte de viande c'était mais je l'aimais bien. Assis à la même table, mon amie de la veille qui m'avait invité au basket y était aussi. Son chien eu beaucoup de plaisir avec Popo. J'étais seul dans la place, elle mangea en même temps que moi et on se raconta un peu qui on était en regardant Les Simpsons en espagnol. Tout va bien, le rythme est bon.

Le soupé à peine ingéré, j'était de retour à l'hostal. Je permis à Antoine de nous reservir du thé si l'envie lui prenait en ajoutant que je lui en donnais toute la liberté. J'ajouta de nouvelles photos à l'album numéro 4, il termina sa journée de travail, éteigna les lumières de la réception et prépara le thé que nous bûmes (j'adore le passé simple) dans les hamac. Rien de trop beau pour conclure mon premier 24h à Misahualli. 

Pendant le souper, un couple d'allemand se sont installés dans la suite. Ils s'étaient empressé de ressortir pour tenter d'évaluer les activités potentielles du village. Le village est petit mais un voyageur en quête de divertissements peut facilement s'occuper pendant pas mal de temps. Le thé terminé, ils étaient de retour de leur quête. Gentil couple, propre, organisé, déterminé, chronométré. Gentil mais j'étais assuré de les croiser dans aucune de mes activités. Le gars m'a avoué qu'ils devaient faire vite pour organiser leur temps parcequ'ils n'avaient que 2 jours ici et voulaient être certain de ne rien manquer. Comme je disais, je voyagerais probablement pas avec eux. Mon plan de demain est de retourner voir les singes... peut-être traverser le pont... peut-être les singes encore. C'est à peu près ce que j'ai fait aujourd'hui et m'a pris presque 2500 mots pour tout raconter. Si je passais la journée avec eux, ça me prendrait probablement une secrétaire pour tout noter. J'vais m'en tenir au singes et au hamac.

Les sujets de conversation étant écoulés, je termina ma bière en vitesse et me retira pour la nuit. Antoine était déjà parti, j'avais terminé ma soirée. C'est un peu domage qu'ils soient arrivés, j'avais une belle conversation avec Antoine dans les hamac. Mais bon, ma journée a commencé avec une branche de canne-à-sucre, ça peut difficilement mal se terminer. Bonne nuit les singes, bonne nuit Popo, bonne nuit à toi aussi à la maison!

NOTE: À date, j'ai utiliser 4567 mots que j'ai répété en moyenne 7 fois chaque. Intéressant. Voilà mes limites. J'vais essayer de me forcer pour le nombre de mots différents. Peut-être en finissant par tout mettre au passé simple.

jeudi 29 mars 2012

Jour 24 - En route pour l'Amazonie

Mon réveil sonna à 7h. Je resta couché jusqu'à ce que j'entende Daniel bouger dans l'appartement. Daniel est de bonne humeur le matin, ce qui est très agréable. Je pris ma douche, ferma mon sac de voyage, apporta le tout devant la porte et tenta de partir en même temps que Daniel. Il me restait mes souliers à mettre mais Daniel était pret à sortir. Après lui avoir dit bonjour, je retourna me coucher. Ma selle du matin n'était pas bien belle et elle fut accompagnée par un beau petit vomi de courtoisie, question de régler tout ça avant d'embarquer dans l'autobus.

Je sortis de la maison à 9h pour regagner l'autobus au terminus nord qui m'amènera au terminus sud où je prendrai l'autobus qui me sortira de Quito pour m'emmener dans la jungle. Je connaissais ce premier terminus de mon premier voyage à Cotacachi. L'autobus rejoint le terminus sud en contournant Quito. J'avais vu le terminus sud (Quitumbe) sur YouTube. C'est un nouveau terminus pour tous les autobus qui se dirrigent vers le sud. Un gros terminus propre et moderne. Ça fait un peu étrange car le terminus est situé dans une partie très pauvre de la ville. 

L'autobus est confortable. J'ai deux bancs, un pour moi et un pour Popo. Première surprise, l'autobus avance trrrrès lentement. Le trajet est normalement 5 ou 6 heures. J'espère que cet autobus arrivera avant la nuit. Deuxième surprise, le film. Je m'attendais à pouvoir dormir ou me reposer durant le trajet mais le film présenté est "Pearl Harbour". Un film d'avion de guerre. Pour ajouter au confort, j'ai le speaker juste au dessus de la tête. Je change donc de place avec Popo et lui laisse le siège côté fenêtre. Il s'entête quand-même à se coucher sur moi question de me brasser le mal de coeur. 

Ça fait 2 heures qu'on a quitté le trminus et j'ai l'impression qu'on est encore à Quito. Le mal de coeur passe moins vite quand on voit toutes les voitures nous dépasser. J'va me reposer le mal de coeur un peu en prenant quelques photos et en essayant de dormir sur mon sac-à-dos.

Le trajet est très long. C'est pas bon pour le mal de coeur. En plus, l'autobus se fait dépasser par tout le monde. Je m'attendais à un chauffeur fou comme celui sur la route de Cotacachi mais je tomba sur son contraire. J'aurais bien envoyé Popo mettre un peu de poids sur la pédale à essence mais vue la grosseur de l'autobus, je doute que Popo soit assez pesant. Toutes les autobus inter-provinciales sont très confortable. Bien plus qu'un avion. Les sièges sont bien rembourrées, permettent une position presque couchée et laisse assez de place pour les pieds. En plus, le tout est offert à un prix budjet. Plus ou moins 1$ par heure de déplacement. Calcullons. Mon trajet de 7 heures me coûta donc? Oui, 7$. Le côté désagréable, daprès moi, est le choix du film. Comme je disais, Pearl Harbour n'est pas le film le plus relaxant que je connaisse. J'ai beau me concentrer sur le paysage, j'ai quand-même des combats d'avion de guerre et des cris de gens qui se font trucider comme trame sonore. Rien n'est parfait.

Mais bon, plus j'avance vers ma destination, plus le paysage est à couper le souffle. Les ravins sont plus creux, les éboulis sont plus gros et les glissements de terrains plus cinématographique. À plusieurs places, la montagne avait glissée et le flanc de la montagne était dénudé. J'ai croisé des roche grosses comme des cabanons qui n'avaient pas leur place sur la chaussée. Une autre fois, c'est la chaussé qui n'avait plus sa place. La voie de droite avait été remplacé par une belle ouverture qui donnait directement sur la rivière quelques milliers de kilomètres plus bas. Un peu plus tard, c'était la boue qui avait recouvert la chaussée. L'autobus s'est mis à glisser sur le côté directement vers le petit pont qui n'avait pas de garde-fou. Par chance, le tout se déroula sous mes yeux. J'ai pu voir le fond du ravin qui était pret à nous avaller. L'autobus s'immobilisa juste à temps et à partir de ce moment je pu apprécier tout les efforts que le chauffeur faisait pour prendre son temps. Je dirais même qu'à partir de ce moment, je trouvais qu'il allait pas mal vite.

Sans trop comprendre la cause du dérappage, je crus saisir qu'une tierce personne était en cause. On a eu droit à une pause assez longue pour permettre au chauffeur de démêler la chose avec les policiers rencontrés un peu plus loin. Toujours avec les combats d'avions en bruits de fond. Mais bon, le trajet était long mais se fevait d'être ainsi. Je devais sentir que j'étais loin de chez moi et je me rassure en me disant que ce fut accompli. La route était très sinueuse, je veux dire trrrrrès sinueuse. Les dénivellations étant trop prononcées pour passer d'une montage à l'autre il fallait contourner les ravins. Nous étions donc principalement à flanc de montagne, à quelques pieds du vide. Plusieurs ponts à une voie avaient l'air en carton, ou en vieux bois. Sans savoir pourquoi, le conducteur aimait bien prendre de la vitesse avant de traverser ces ponts. C'est peut-être comme la conduite à Quito, plus on passe rapidement entre deux camions, moins la voiture est large. Ça passe pas? Passe vite!

Bref, je senti le voyage reprendre du sens dans cet autobus. L'assistant du chauffeur n'était pas plus sympatique que ça et ne faisait aucun effort pour que je comprenne ce qu'il me disait. Il ne faisait que répéter la même chose plus rapidement. La première fois était pour récupérer mon billet que je croyais avoir perdu, la deuxième fois était pour voir si quelqu'un se cachait sous Popo (?) et la troisième fois était pour me dire que mon trajet "directo" vers Misahualli n'était plus directo mais bien avec un transfert à Tena. J'étais seul dans l'autobus pour faire le dernier droit. Il me transféra donc dans l'autobus local qui faisait Tena Misahualli.

Une fois assis dans l'autre autobus, je réalisa que mon transfert était une bonne idée. L'autobus étant pleine, je me retrouva assis sur le banc de l'assistant chauffeur en avant à la droite du chauffeur. Son assistant était debout dans le cadre de la porte ouverte et s'occupait de faire monter, payer et descendre les gens tout en s'ammusant avec Popo. Les Écuadoriens ont la manie de pousser Popo à bout par plaisir. Je fais tout pour garder Popo calme et ils font tout pour me prouver que Popo a ses limites. Mais bon, au moins il trouvait Popo bien drole quand il perdait patience.

Tout le long de la route, je voyais des petite maison... des cabanes... des boîtes de bois sur pilotis de petite ou moyenne tailles. Chacune était agrémentée de vêtements séchant sur une corde à linge, ce qui me permis de comprendre que ces lieux étaient des maisons. J'avais jamais vu aussi rustique. Les gens qui y vivaient étaient ceux qui voyageaient dans mon autobus. Leurs vêtements étaient communs, avec le sac d'école et leur attitude à la mode, mais calcul fait, l'ensemble de leurs biens incluant maison, poêle, frigidaire, lit, garde-robe et autre flafla n'atteignait probablement pas le prix de mon iPad. Mes préjugés, encore ébranlés ici, réalisaient que l'abris ne faisait pas le moine. Sans prendre en pitié, vénérer ou juger, seulement le fait d'entrer en contact (et ce, vite dit) avec cette réalité m'ouvrait les yeux et rentabilisait mon voyage. Chose currieuse par contre, certaines de ces cabanes avaient la télévision. L'idée est donc de prendre la caricature, d'enlever certaines couches et d'en ajouter d'autres pour tendre vers le vrai portrait. Certaines personnes font en une journée ce que je fais en une année. Aujourd'hui j'ai vu des famille avec moins d'argent pour le mois que j'en ai dans les poches présentement. Si j'étais à leur place, ma vie serait un enfer mais pour eux, tout est bien, tout est beau. La misère des riches...

Mais bon, je ne suis pas venu à Misuhalli poir ouvrit une succursale de vision mondiale, ni pour me comparer et encore moins pour sauver le monde. Je suis ici pour me reposer dans une Jungle-Lodge et rencontrer mes nouveaux amis les singes. Il était 6h45, la nuit était tombée depuis 45 minutes. Et je le répète, en Ecuador, la nuit tombe toujours à 18h et elle tombe tout d'un coup. Il faisait dont minuit dans la jungle. Mon gentil assistant chauffeur d'autobus connaissait l'endroit où j'allait, il pu donc me débarquer à la porte. Un écriteau indiquait se sonner pour se faire ouvrir. Je sonna, Antoine ouvra la porte et je lui dit (accompagné de Popo) "Bonjour Antoine" d'un ton très familier. J'avais communiqué avec lui par email durant la semaine pour m'assurer que la présence de Popo se causait pas de problèmes, voilà pourquoi je connaissais son nom. Il sembla surpris de ce ton famillier et je le rassura en lui confirmant qu'on ne se connaissait pas. L'important était l'entrée de jeu, le jeu fut entré. Il me fit visiter les lieux rapidement, me montra ma chambre et m'informa sur les principales accomodations de la maison. Pour l'instant, ce qui m'intéressait était de déposer mes sacs et de me mettre quelque chose sous la dent. Le déjeuner était servi mais les autres repas devaient être à ma discrétion. Il m'informa qu'à quelques pas se trouvait "L'Auberge Espagnole" qui faisait aussi office de restaurant. Parfait pour moi. 

Je m'y rendi en 30 secondes et fis la connaissance de (appelons-là) Julia et de (appelons-la) Maria qui me servirent un plat que je dévora. Seul repas de la journée, j'avais même évité de boire pour pas avoir envi de pipi dans l'autobus, j'étais bien content. Elle voulu me montrer le menu, peut-être pour me montrer l'étendu de leur cuisine mais je refusa et lui demanda de me suggérer un plat. Elle dit un mot que je ne compris pas et avant même qu'elle ait terminé de prononcer, je lui confirma que c'était bien ce que je voulais manger. J'ai pas fait 7h d'autobus pour être capricieux. J'étais certain que j'allais aimer. Comme de fait, je crois bien que j'ai re-mangé mon cochon qui me regardais à Cotacachi ou à Quito avant la compétition de vélo. La texture ressemble à celle du poulet, de long filaments qui se défont facilement. Je me souviens pas avoir goûté à ça au canada. Il parrait qu'il font cuire le cochon sur un feu de bois pendant 24h (ou quelques chose comme ça). En tout cas, avoir choisis mon repas, j'aurais pas si bien tombé. En plus, Popo avait un ami sur place. Je crois que c'est le premier chien qui est venu à bout de Popo. À la fin, Popo allait même jusqu'à le contourner pour aller chercher le baton. Bien! Après 7h d'autobus, Popo méritait de jouer un peu.

De retour au Lodge, je retrouva Antoine, mon nouvel ami (malgré lui), lui paya un verre et lui fit un peu de jasette. J'appris qu'il était d'origine française, qu'il avait grandi en Côte-d'ivoire, qu'il avait beaucoup voyagé à cause, ou grâce, à ses parents et ses grands parents. Qu'il avait ce lodge depuis 4 ans et que sa blonde venait de retourner en France avec leur garçon. Il arrivait d'un 4 mois en France et avait donné un congé bien mérité à ses employés pour s'occuper seul de la Lodge. Le complexe peut héberger une trentaine de personne mais son taux d'occupation est entre 25% et 30%. Je lui demanda si il reconnaissait encore le côté exotique et luxueux de l'endroit et il m'avoua que pour lui, ça pouvait facilement se transformer en prison de verre. Je peux comprendre. L'endroit est magnifique et exotique mais isolé et mono-thématique. Du gâteau au chocolat c'est bon mais quand tu manges juste ça, ça fini par te tomber sur le coeur.

La bouteille de rhum n'était en forme que pour 2 verres que nous bûmes (j'adore le passé simple), le wifi était bien effectif sous le petit toit près de la piscine et Popo avait même trouvé chaussure à son pied: Antoine avait un chien! Tout le monde était casé. Bien qu'Antoine avant l'habitude de se coucher à 9h, je le fit veiller jusqu'à 9h45. J'étais moi-même bien fatigué. Direction chambre, terminer de rédiger ma journée et faire un dodo bien mérité. J'entends la rivière qui passe juste en bas, les grenouilles qui croassent, les petits insectes que je ne connais pas et les gros que je ne verrai pas. J'ai un beau concert autour de moi. Ma chambre a des fenêtres sur trois murs sans vitre, seulement moustiquaires. J'ai l'impression de dormir dehors et c'est très bien. Très humide mais très bien. Bonne nuit Popo.

Jour 23 - Faux départ

Report de mon voyage dans la jungle, c'est vraiement pas la grande forme. Reste hydraté, me répète Julie Bolduc. De l'eau mélangée à du jus d'orange avec une petite cuillère se sel ou mieux, du Gaitoraid si j'en ai. Un sachet de sucre sur la langue si je sens la faiblesse m'envahir. Avec mes peuleules, j'devrais en venir à bout.

En résumé ma journée fut remplie par la Lavanderia, une longue marcheour trouver de la bouffe pour Popo. N passant, j'ai vu plusieurs marchands vendre des choses sur le trottoir. Plusieurs offrent des repas mais aujourd'hui j'en ai croisé qui faisaient de rapport d'impots. Maman, si t'as le goût de t'exproprier, t'as peut-être un avenir à Quito!

Après m'être perdu, je pris un taxi pour le parc la Carolina au grand plaisir de Popo. Retour en taxi, autre cours d'anglais du chauffeur, sieste, riz au poulet, recherche d'autobus pour Tena et dodo. C'en est assez. Je suis pas trop en forme, même pas mal étourdit quand je bouge vite. Je fais ma valise et me couche en espérant que demain soit un meilleur jour.


ATTENTION: Cette journée n'avait pas de date. Sans savoir si c'est le bout d'une autre journée ou si elle bien à sa place, je laisse l'opportunité au lecteur de faire le calcul. On serait le 27 mars.

Jour 22 - Marche dans Quito

Quand la flore intestinale va, tout va. Depuis 24h, la flore ne va pas. J'ai passé la nuit à me demander comment gérer une flore capricieuse pendant un trajet d'autobus de 6h ou plus. Au réveil, j'ai pris la décision de gérer ma flore à Quito et d'attendre une flore plus accomodante pour visiter les régions éloignées. Bonne décision. Je resta donc couché entre chaque visite à la baños. J'étais accompagné par la voix de Julie Bolduc qui me rappelait, après chaque videment, de ne pas oublier de boire de l'eau pour ne pas me retrouver sans fluides. La voix de Julie Rivest me rappelait que le Immodium ne faisait que boucher le système d'évacuation sans régler le problème et la voix de Luc qui me disait de prendre le médicament prescrit si il y avait présence de sang, ce n'était pas le cas. Je m'en remis donc à mon organisme à gérer lui-même ses crises en restant au repos et en buvant de l'eau.

Rendu à 12h30, Popo commençait à me rappeler que je devais éventuellement sortir du lit et mordre un peu dans la vie. Mon état n'était pas critique, juste inconfortable. Je me leva donc et décida d'accomplir le seul objectif que je m'étais fixé: trouver mon billet d'autobus pour Misahualli. Mes recherches m'indiquaient à chaque fois le terminus de Quitumbe. Daniel me disait au contraire de m'informer au terminus Panamericana. Je pris donc un taxi vers le terminus Panamericana qui se trouvait à être dans la Mariscal. Un coup arrivé au terminus, la dame m'informa qu'aucun autobus de ce circuit ne déservait Misahualli, Que j'aurais plus de chances en me présentant au terminus de Quitumbe. Je trouva l'information pertinente et déclara l'objectif de la journée atteint. 

En récompense, je me rendi sur la Plaza Fosh en la Mariscale pour m'offrir un café et un déjeuner en terrain connu. Petite terrasse trappe à touriste qui offre l'expresso et l'oeuf brouillé. Popo aime bien et moi aussi. À date, la flore tient le coup. Ça brasse toujours un peu mais j'essaie de croire que ce sont les derniers remous avant la rémission.

La pluie a commencé à tomber par petit coups, je suis dans la section couverte de la terrasse et j'attends avec patience cette nouvelle flore intestinale qui agrémentera le reste de mon voyage.

Pendant une petite pause de pluie, je me trouve un taxi et expérimente un retour à la maison en passant par la congestion routière de Quito. Un voyage de 15 minutes m'en a pris 45 et en plus le chauffeur de taxi ne connaissait pas ma rue, j'ai eu à le guider dans Quito pour regagner ma maison. Toutes mes expériences de taxi furent bonnes. Ce chauffeur était très content de me répéter le mot qu'il connaissait en anglais. Il a même fait une blague, précisé que c'était une blague et a passé au moins 5 minutes pour me faire comprendre le mot "blague" en espagnol. Ça lui a donc pris beaucoup de mots pour me faire rire. Ou était-ce l'autre jour? Je mélange les histoires quand j'attends trop pour les écrire.

Arrivé à la maison, je me reposa un peu, Daniel arriva un peu plus tard, une amie à lui passa dire bonjour et m'indiqua quelques places à visiter dans la jungle. Je pris la soirée pour faire mon sac tranquilement entre-coupé de scéances d'Internet, pris une pilule pour la diahrrée infestueuse et me coucha en croisant les doigts que la forme du lendemain soit plus agréable.

dimanche 25 mars 2012

Jour 21 - Gigante Pollo

Yogourt et Froot-Loops de la petite tienda. Il pleut, je reste à la maison. L'effort que j'ai fourni pour me rendre à la Lavanderia s'est heurté à une porte fermé, je reviens à la maison. Daniel part chercher la perseuse chez son père et dinne chez sa mère. Je fais la sieste. Daniel revient en millieu d'après-midi. Je lui donne un coup de main pour poser 3 stores. Il colle ensuite ses numéros de vélo dans la salle de bain et organise un peu plus l'appartement. On sent le lieu de vie qui prend vie. 

Depuis quelques jours, j'avais une envie de poullet. Je voulais retourner au Gigante Pollo un peu plus loin dur la rue. Il était 18h30. La nuit était tombée depuis 30 minutes. Elle tombe d'un coup ici. Paf. Les rues étaient sombre. J'arrive au Gigante Pollo et commande un poulet (géant) entier, des frites et du riz. J'ai maintenant du poulet pour la semaine. J'arrête à la Panaderia pour prendre 3 galettes, 2 petits pains et du fromage qui fait squiksquik. 

À mon retour, Daniel sortait pour aller l'amie Daniella à l'entrée du complexe qui arrivait avec, elle aussi, de la nourriture. L'appartement n'a jamais été aussi confortable. Je mange mon poulet avec mes doigts. J'ai un poulet entier dans lequel je peux piger à volonté et j'ai même des à-côtés pour être certain d'en avoir assez. Ce fut faste et bon.

Je suis en retard dans mes rédactions. Pour l'instant, mes deux dernières journées ne sont encore qu'en résumé. J'ai l'impression que si je décris pas tout, j'vais oublier. J'dois prendre des vacances dans mes vacances. Je viens de passer 3 semaines à Quito, la dessus j'avais 4 jours à Cuenca et 4 jours à Cotacachi. J'me demande si je gaspille du temps, si je devrais en faire plus. Je suis bien installé à Quito. J'pourrais continuer comme ça pendant une couple de mois. Je commence à connaître mon environnement, le garde à l'entrée me dit toujours bonjour quand j'arrive, mes déjeuners sont réglés, mes lavages de linge, mon st-hubert, mes sorties entre amis, mes distances en taxi, mon téléphone, mon Internet pis mon papier de toilette.

J'avais pas pensé que j'allais m'installer. Je pensais avoir a surfer du début à la fin sur une série de nouvelles situations, de nouvelles personnes, de nouvelles occasions sans prendre mon souffle. C'est pas le cas pis ça me dérange pas. J'suis chanceux d'être basé à Quito, au centre de tout, et ce jusqu'à la fin de mon voyage. Au lieu de faire un cercle autour de l'Écuador, tout pars de Quito et reviens à Quito. Pourquoi pas.

Fin de la semaine 3

Jour 20 - Deux oeufs saucisses

Réveil difficile. Mon estomac digère encore les moultes digestifs de la veille. Céviche aux fruits de mer et jus d'orange. Non, ça ne remplace pas deux oeufs saucisse tournés pain brun grand jus d'orange double expresso longs et un grand verre d'eau avec de la glace. Mais bon, c'était pas trop pesant. il manque juste une poelle pis j'tombe champion du déjeuner. Andres et David et Santiago viennent nous retrouver pour une visite du vieux Quito en auto.

Les rues étroites et sinueuses se mettent pas chum avec mon estomac. On monte à la statue, je suis bien content de sortir de la petite voiture, Popo aussi. On est arrivé en haut, il faisait jour. En 10 minutes c'était la nuit. Quito s'illuminait. Faut dire qu'avec les nuages qui flottent au dessus la ville, on voit pas très loin. Mais j'étais au dessus du vieux Quito pis j'étais bien content.

Le retour à la maison, malgré la belle visite, est apprécié. Un peu de télévision va faire le reste de la job. Bonne rémission.

Jour 19 - Internet en la casa.

Les monsieurs d'Internet on fait vite. Daniel a commandé le service hier et ce matin, tout est branché. Joie. Il quitte donc pour le travail et me fais signe par facebook pour me proposer de l'accompagner dans ses commissions. J'aime bien ces petits tours de camionnette. C'est mon deuxième. Aujourd'hui nous sommes allés au sud de Quito, dans les cartiers chauds. Je devrai m'y rendre par moi-même prochainement pour prendre l'autobus vers l'amazone. 

Daniel conduit comme tout le monde à Quito, il passerait pour un fou du volant chez nous mais ici, il se fond dans la masse. Si c'était moi au volant, je causerais probablement plusieurs accidents. J'aime bien voir les différents paysages de Quito. Je dois souvent me rappeler que je suis sur place et non dans un National Géographique. Rien n'est vraiement propre, tout se trouve derrière un mur ou à flanc de montagne. 

De retour à la maison dans le confort d'Internet, petite sieste d'après-midi. Je vais rejoindre Daniel et Daniella (jusqu'à date, aucune romance) en La Mariscal. Les amis de Daniel sont rejoint un peu plus tard dans le déjà bien connu bar Jack Daniel. Le tout suivi d'un concert reggae et d'un retour en taxi. L'ennuie de Popo avait ramené la moitié du contenu de ma valise dans le salon. Pauvre Popo, il avait pas beaucoup courru aujourd'hui. Dodo.

vendredi 23 mars 2012

Jour 18 - Jacques, Daniel y Bruno

Aujourd'hui mon horoscope (le même qu'au Canada), m'informait que pour quelques temps, je ne devais plus m'adapter aux situations, que les situations devaient s'adapter à moi. J'avais faim. Daniel m'avait recommandé un petit cartier près de la maison où je pouvais trouver des Déjeuners et des Almuerzos pas trop cher. La seule recommandation que je devais suivre était de garder mon ipad et mon iphone caché. La notice n'était pas trop difficile à suivre. Mon iPad reste à la maison et mon iphone sort rarement de ma poche. Alors l'aventure d'aujourd'hui était le petit-déjeuner dans les quartiers chauds de Quito. J'étais pret. Je suivi ses indications: À gauche sur   la Six de Deciembre et à droite à la lumière. Le quartier chaud n'était pas bien loin. J'avançais, pret à voir ces latinos pleins de tatous, ces gangs à couteaux et ces dangereux Écuadoriens. Quelle déception.

Je rencontra beaucoup de travailleurs pas trop propre mais quand même fiers. Certains se rendaient vers l'almuerzo le plus près, d'autres visitaient les commerces ou y travaillaient. J'ai beaucoup entendu parlé des dangers des rues d'amérique du sud. Je respecte cette idée mais je ne l'ai pas encore confrontée (à cet instant, je touche du bois) (et retiens une ennième envie de pipi por que la cervesa). Je ne me suis pas aventuré dans les rues une fois le soir tombé. J'ai le facteur risque pas mal proche du zéro. Je ne sens pas le danger. Peut-être parceque je ne le reconnais pas ou peut-être parceque je ne le cherche pas mais bon, je ne m'en pleindrai pas. Todo bien por el Gringo que yo soy.

J'ai donc trouvé, une rue plus haut, un petit rstrnt (restaurent dit vite). Je savais pas trop si c'était privé ou non mais après avoir jeté un oeil à l'intérieur, je reconnu la salle à manger typique de quito. Pas de lumières, pas de menus, mais des fruits et une vieille mémé qui semblait bien occupée. La vieille mémé est souvent signe de qualité. La dame avec la mémé tenta de m'expliquer que les mascottas devaient rester à l'extérieur mais je lui expliqua que ma mascotta (Popo) devait rester avec moi. Elle accepta et m'indiqua une petite table près de la porte. J'avais aucunement l'intention de m'aventurer plus loin dans le restaurant. Cette table faisait entièrement mon affaire et celle de Popo.

Contrairement à mon alimentation habituelle, je n'ai mangé d'oeufs qu'une seule fois ici. Les poulets se rendent plus vite à l'abatoire qu'à la ponte. J'avais vu les oeuf du coin de l'oeil, j'en ai donc profité pour en commander deux, "brouillé" se mime de la même manière dans plusieurs langues. Mes oeufs furent donc brouillés.

Jugos, ou quelque chose comme ça, signifie jus. Les gens d'ici ont la décence de faire la différence entre jus et boisson. Lorsque quelqu'un vous offre un jus, on parle de fruits passés dans le blendeur avec de l'eau ou du lait. J'avais donc le choix entre 3 sortes de fruits et une base d'eau ou de lait. Au diable la dépense, j'opta pour les trois fruits mélangée et la base de lait. J'étais pret à cracher le cash. Après avoir mangé mes deux oeufs et bu mon smoothie de luxe, je demanda la cuenta (facture). La gentille dame qui avait pris le temps m'accueillir dans un espagnol que je comprenais eu le culot de me demander 1.25$ pour ce déjeuner santé. Franchement. 1.25$ sans commentaires. Je commence à organiser ma prochaine annêe en fonction de ce déjeuner. La gentille dame me suggéra de revenir le lendemain, le surlendemain et l'autre jour d'après. Je voyais pas pourquoi j'irais ailleur. Mes oeufs et mes fruits étaient assurés pour la prospérité.

Le tout ingéré, je me gracia d'une petite heure d'internet (facebook) et d'un micro-saut dans mon hotmail qui me sert presque pus à rien. J'avoue que j'étais content de voir que j'avais plusieurs commentaires sur mes photos et mes status. Même si je suis parti loin, je suis toujours content d'avoir des nouvelles (ou juste des pokes) de chez moi. 16 commentaires et 3 emails. Mon besoin de proximité était comblé.  J'ai bien hâte de rendre "la pereille" en mettant mon blog à jour.

Le reste de la journée m'amena dans la Carolina où Popo était plus qu'heureux de pouvoir courir librement. Mon étape numéro deux était de trouver un comptoir movistar autorisé pour faire vérifier mon cellulaire qui ne pouvait plus recevoir d'appel. Daniel avait essayé de me rejoindre quatre fois sans succès. Enfer et damnation. Je trouva le dit comptoire qui, après avoir manipulé mon téléphone et parlé à une tierce personne, me confirma que mon téléphone était de nouveau opérationnel.

Vu les nuages noirs au dessus de Quito et la recommandation de Daniel de ne pas visiter le vieux-Quito à cause des manifestations, je me résigna à regagner ma gentille table au centre de la mariscal (centre touristique de Quito) afin d'y manger un quelque chose et de l'agrémenter d'une cervesa. Je pris donc un taxi qui me déposa, à ma demande, aux portes de la Mariscale. J'avais ici tout mon temps pour me perdre et me retrouver. Après avoir fait plusieurs rues, tourner à gauche puis à droite, je demanda des indication à une dame et une autre me demanda en anglais ce que je cherchais. C'étais plus difficile pour moi en ce moment de traduire en anglais la question  que je m'étais répétée en espagnol une 20aine de fois. Donde esta la mitad de la mariscal con la gigante television. Je lui reposa donc la même question avec un certain confort de plus. Elle m'indiqua la direction que je suivi pour me retrouver exactement où je voulais être.

La terrasse connue était encore connue. Je regagna la même table que la dernière fois. Je commanda un double expresro, un ceviche de crevette et une (dos, tres, quatro) cervesa que je bu pendant le résumé de cette journée. Présentement, j'entends une chanson de Cabrel en espagnol sur un air de Meringué. Je l'aime à mourir. La pluie m'avait forcé de choisir une table en retrait sous le petit toit sur la terrasse. Popo y était bien confortable et moi aussi. Après quelques allés-retours aux baños, mon résumé était à jour, je pouvais à présent me remettre aux bras des vacances.

Les vacances décidèrent donc pour moi qu'il était grand temps de me faire couper les cheveux. Quelle surprise j'eus chemin fesant (oui, l'oiseau) de croiser une société des liqueurs importées. J'avais refusé hier de payer 60$ pour une bouteille de Jack Daniel, aujourd'hui c'était différent. Mon ami Visa s'occupa de la cuenta.

Pour le reste, ça faisait un peu 8,5 de Fellini. Tout en rondeur, en incrémentation et en coin. La machine le faisait pour moi, todo bien. Un salon de coiffure fashion croisa mon chemin, je demanda combien, on me dit trèze. Je compris treize que j'accepta comme une victoire mais on me fit comprendre trois. Trois. Trois dollards pour me faire couper les cheveux dans un salon jet set? J'ai jamais payé aussi peu pour autant.

Bruno, un ami de Daniel nous rejoignissîmes à la casa, Daniel alla se coucher et j'eus une belle conversation en espagnol avec son (mon) ami. Il me fut fort important dans mon apprentissage de l'espagnol. merci professeur Bruno. J'ai fais plusieurs phrases complètes ce soir. (ou merci jack daniel, d'un bord ou d'l'autre.) Graciasss. J'ai plus d'indications sur la manière de faire dans la jungle. On se donne rendez-vous sur un bout de papier. Le reste suiva. D'ici là, bonne nuit.

Jour 17 - Nada

Lendemain de show. Je tente d'aller promener Popo à l'heure des travailleurs. Je fais un coin de rue, je me ramasse un petit lait aux fraises et je reviens à la maison. Je retrouve mon sleeping, je mets des "Stargate" que j'ai déjà vu sur mon ipad et je rejoint morphée pour le reste de la journée. 

Réveil numéro deux, il est 17h00. Je sors acheter un petit pain aux pomme, deux jus d'orange, deux petits pains ronds pour le sirop, une mini pizza et deux meringues. Popo a le temps de faire deux cacas et nos sommes de retour à la maison. Je mange ce bon goûté devant la télé, résume ma journée d'hier, détaille celle d'aujourd'hui, dépose mon iPad, regarde un peu la télé sans vraiement comprendre et call ça off poir la soirée. Je me reprendrai demain en grimpant sur un volcan. Buenos.

Jour 16 - Quito nord-sud y Manu Chao

Aujourd'hui c'est Quito en camionnette. Daniel se rend à son travail au petit matin reviens me chercher en camionnette vers 11h. J'ai juste le temps de prendre une douchette et nous sommes en route pour un tour de Quito. À defaut de visiter le Quito historique, nous visitons un garage dans la Valle de Los Chillos, une partie de Quito l'autre côté des montagnes vers l'est. Quito est une ville très grande. J'ai de la difficulté à visualiser l'étendue de la ville et de la comparer à montréal. À montréal on voit le Mont-Royal au centre qui est recouvert de vert. Quito s'étend du nord au sud entre les montagne. On se retrouve donc souvent en hauteur avec une magnifique vue sur la ville en bas de nous. 

J'aurais besoin d'un certain temps d'adaptation pour conduire à Quito. Je n'ai pas encore vu de panneau indiquant la vitesse maximum. Oui, la vitesse est règlementée mais comme le reste, tout le monde s'en fou. On coupe, on klaxonne, on ralenti brusquement, on met la pédale dans le tapis, on klaxonne encore et on recoupe. Je me suis retrouver à utiliser la partie de mon cerveau qui sert habituellement à jouer à tétris. Ajoutons des calcul d'accélérations relatives des voitures autour de nous pour arriver à changer de voies sans accrocher personne. La voiture A prend de la vitesse, la voiture B ralentie, la voiture C coupe la voiture A, il nous reste une fenêtre de 0.8 secondes pour donner un petit coup de vollant pour se retrouver 2 voies plus loin. J'avais comme l'impression que la largeur de la camionnette était directement proportionnelle à la valeur négative de la vitesse de la voiture. Pour être certain que ça passe, on pèse sur l'accélérateur. Tout le monde s'entend sur cette façon de conduire. À Montréal, on finirait pas de traiter les autres chauffeurs de malade. 

Deuxième arrêt au sud de Quito, au bureau du ministère des transport. Pendant la route, je prends des photos avec mon iPhone. En entrant dans la ville, Daniel me dit de ranger mon téléphone car les voleurs passent leur bras pas le fenêtre pour nous arracher notre téléphone des mains. Encore une fois, lorsqu'il y a consigne concernant un danger, je la respecte. Je suis allé jusqu'à fermer ma fenêtre mais je me suis dit que le téléphone dans mes poches était assez comme geste préventif. Encore une fois (comme toujours) les gens conduisent comme des fous, Danie incluido. Je ne sert pas les dents. Ici c'est normal et il n'y a pas plus d'accidents que chez nous. J'apprécie encore une fois une réalité que je ne comprends pas. J'ai l'impression que les gens ici passent moins de temps à réfléchir et suivent plus leur instinct. Étrange, mais cet absence de structure résulte en une harmonie surprenante. Tranquiiiiiile, dirait Daniel. J'essaie encore de rationnaliser tout ça mais je crois que ça passe pas par le rationnel. Il est grand le mistère d'il était une fois. 

Troisième arrêt, au nouveau travail de Daniel. Il a des papier à aller porter. Bien que tout a l'air désorganisé, la liste de papiers nécessaires à l'obtention de son nouveau travail est très longue. En plus de son cv détaillé depuis le début de son école, il doit fournir son identité électorale. Ici c'est plus que conseillé d'aller voter, c'est obligatoire. Chacun a donc un dossier qui confirme que sa participation aux élections. Chacun à en plus un dossier au gouvernement avec toutes ses informations concernant ses finances, son éducation, son travail, ses coordonnée, etc. Il y a aussi le certificat de non-casier judicière. En plus de souligner, comme nous, la présence d'un casier judiciaire, l'absence de casier est aussi soulignée par un papier. On ajoute à ça quelques "Attestation de bonté" qui sont en fait des lettres de références produites par des gens connus par le sujet depuis longtemps. Le dernier relevé de compte d'électricité, loyer et des services pour évaluer les dépenses courantes. Un certificat d'examen médical effectué par un hopital privé au service de l'entreprise en question. Une copie couleur de la Cedula (carte d'identité), permis de conduire, attestation de service militaire (qui devient non-obligatoire si vous êtes enfant unique, que vous aidez à soutenir votre famille et que vous payez certains frais administratif au corps militaire. Tous vos buletins scolaires, des lettres de recommandation des enciens employeurs incluant le dernier employeur avec numéros de téléphones valides et quelques photos couleurs de votre visage. J'ai l'impression que chacun s'occupe de sa propre sécurité. On voit souvent des gardes de sécurité au service des commerces. Sachant que tout est permis à l'extérieur, on filtre ce qui rentre dans nos murs.

On ramasse un sandwich qu'on vient manger à la maison. Daniel quitte ensuite rapporter la camionnette à son travail. Prochaine étape, concert de Manu Chao. En passant devant le stade plus tôt, on voyait la file de gens qui attendaient pour entrer. C'est encore un mystère pour moi quand j'essaie d'imaginer la politique du "premier arrivé premier servi" appliquée à un stade. Pour un show dans un bar je peux comprendre mais j'imagine mal les mouvements de foule équivalents. Il doit y avoir un secret mais pour l'instant je suis devant le néan.

Daniel revient, on boit une petite bière rapido puis taxi vers le stade. Les (mes) amis de Daniel qui vont aussi au spectacle sont à deux rues du stade à prendre un drink, on passe à la commission des liqueurs ecuadorienne ramasser une petite bouteille et on les rejoint. Nous étions une dizaines de personne sur une rue transversale sous un petit toit dans une entrée quelconque. La pluie était en vedette ce jour là, on était déjà un peu mouillé, on allait l'être plus, le stade a pas de toit. 

Parle parle jase jase, le temps était venu de rejoindre le stade. Le petit groupe avançait disfonctionnement mais surement. Daniel devais tenter d'échanger nos 2 billets à des revendeurs pour aller dans la section des amis. Après quatre tantatives, on avait les bons billets. Une deuxième petite bouteille et nous les retrouvons dans la ligne. 

Vient le temps de rentrer. Sur un petit moment, à la queueleuleu, on passait devant l'oeil averti des policiers pour se dirriger vers la fouille. Honnêtement, la sécurité était rigoureuse mais je me suis déjà fait fouillé plus que ça au picnik. Le personnel était agréable, on rentre. 

On se retrouvait donc, comme à la st-jean ou à l'igloofest, en masse sur un terrain de baseball tournés vers une scène à attendre le début du show. Bien entendu, à un show de Manu Chao, toutes les odeurs, dont les nôtres (même à l'extérieur) appellent au sourir facile. 

Un très bon spectacle. Les écrans géants et les jeux de lumière étaient de la partie. On parle quand-même pas de Madonna mais contrairement à Madonna, Manu Chao en a peut-être pas besoin. Le son était très bon et j'étais très content d'être là. Le show terminé, j'étais encore un peu sur mon appétit. Je trouvais que les gens ne se ruaient pas sur la sortie. Il y avait de la musique qui jouait. Je pensa que peut-être, en Ecuador, les gens aiment bien chiller tranquilement après un bon show. Et non, Manu Chao avait une deuxième partie. Caille13. J'étais bien content, surtout que j'en avait écouté à l'appartement durant les deux dernières semaines. Beau lézard. 

Le spectacle terminer, on se retrouve à errer un peu dans les rues remplies de brouillard de Quito. Beau moment que je n'aurais pas pu vivre si je n'avais pas rencontré ces amis (comme plusieurs autres moments aussi). On arrive à la maison pas mal dans la dernière partie de la nuit. Popo avait exprimé son ennuie en apportant dans le salon tout ce qu'il a été cappable de sortir de ma chambre, Il s'en est même remis aux beaux-arts en découvrant mes prismacolors. Ça fait beau. Il reste pas beaucoup de dodo pour les travailleurs. Je suis content de ne pas en être un. 

Un spectacle de Manu Chao à Quito, ça ajoute une belle dimension à l'événements. Comme disait Manu, si Dieu existe, il se cache en quelque part dans les yeux. Je suis content d'avoir vu ce que j'ai vu. On se couche tranquilement. Bonne nuit.

Jour 15 - El centro commercial

Alors aujourd'hui, comme plusieurs autres jours, l'idée était de prendre ça tranquilement. Pour m'assurer d'atteindre mon objectif, je commença par me lever le plus tard possible. 11h30 était une bonne heure. Je déjeuna, comme l'avait suggéré Daniel en lui donnant son cadeau d'hôte, avec du pain trempé dans le sirop d'érable. Excellent déjeuner. Je comprends pas pourquoi j'avais à attendre d'être en Ecuador pour me faire expliquer par un Ecuadorien qu'on étais pas obligé d'attendre d'être réveillé pour manger le sirop. En plus d'être un dessert, ce sera à partir d'aujourd'hui un petit-déjeuner pour fin palais! 

J'avais 3 objectifs. Premièrement, je devais trouver une lavanderia (buandrie) et comprendre son fonctionnement. À Cuenca, la dame de l'hotel m'expliqua qu'en Ecuador, on laisse nos vêtement à la lavanderieuse et elle s'occupe de tout. J'espérait que les dames de lavanderia de Quito se soit passé le mot. Recherchons une lavanderia.  Pour comprendre la fonction du commerce, ici, il faut souvent regarder par la porte entre-ouverte et tenter d'évaluer le type d'activité. Certains commerces affichent leurs couleurs à l'extérieur mais même dans ce cas, je ne comprends pas toujours le sens des mots. Je m'en viens bien avec les panaderias (boulangerie), lavanderia (buandrie) et je reconnais aussi le mot "almuerzo" qui veut dire "plat du jour pas cher".

Je m'étais préparé du mieux que je pouvais avant de partir avec mon petit dictionnaire. Buenos dias, necessito lavanderia por my ropa por favor. ¿Necessito esperar aqui u puedo esperar en me casa? ¿A quel hora me ropa es listo? Muchas gracias señorita! Bon, je sais, toi qui connais bien l'espagnol, tu n'as peut-être pas compris, mais la dame de la lavanderia, par magie, m'a bien rassuré en me disant qu'elle allait s'occuper de tout, que je n'avais pas à attendre sur place que je pouvais passer chercher mes vêtement vers 3h30. C'est peut-être pas un tour de volcan mais pour moi, c'était tout comme. J'ai une belle fierté quand j'arrive à m'exprimer en espagnol mais le plus grand accomplissement pour moi est, après avoir posé ma question, lorsque, les yeux plissés et les dents serrées, j'arrive à comprendre la réponse. Là est la vraie médaille. Combien de fois j'étais fier de ma question mais totalement incappable de comprendre la réponse! Comme le chauffeur de taxi qui a eu à s'y prendre presque dix fois pour partager avec moi le fait qu'il pleuvait. J'avais beau chercher dans mon dictionnaire, je trouvais pas le mot "juvia", il formula une phrase dans laquelle je reconnu le mot ciel pour faire le lien avec le mot "pluie" qui s'écrit "lluvia". Quelle délivrance. Il n'y a rien de pire qu'être avec quelqu'un qui se force pour parler lentement en utilisant des mots simple et être incappable de recevoir son message. J'étais très heureux de pouvoir répondre "siiiiiiiii" au chauffeur de taxi.

Mes vêtements rendu à la lavanderia, mon objectif dos y tres impliquaient une visite de centre d'achat. Demain, Manu Chao se donne en concert au stade de Quito. Je vois pas comment je pourrais passer à côté, immersion oblige. Surtout que c'est premier arrivé premier assis. Je vois pas dutout comment on peut gérer ça dans un stade. Juste voir ça pis ma soirée va être faite. Les billets sont en vente dans le centro commercial CCI à un comptoir qui se nomme "tu billetto". Je prépare le petit sac à dos de Popo et m'y rend en taxi. Je sais que le centro commercial est juste à côté du parc La Carolina où Popo adore courrir. Nous aurons donc la chance d'y faire un petit tour. J'étais ici en contact avec les riches de Quito. Bien que les almuerzos de Quito coûtent pas plus que 2$, les centres d'achats ressemblent beaucoup à ceux de chez nous. Plus ou moins les mêmes boutique mais vu que tout est en importation, les prix y sont encore plus élevés. Les boutiques de luxe se succèdent et, contrairement à la vraie vie Ecuadorienne, tout est très propre, les grillages sont invisibles, les gens bien vêtus et les talon-hauts claquent sur le sol bien ciré, le design est léché et la vitrine est rafinée. Je me sentais comme si je faussais compagnie à mon voyage. À ma gauche c'était Cartier, à droite un Zara préparait son ouverture, à la porte principale siégeait bien confortablement un MacDonald et le food court comprenait un DunkinDonut et deux Poulet Frits Kentucky. Au centre, un comptoir à suchi et plus loin, une boulangerie fine. À la sortie, ma petite crème glacée m'a coûté le gros prix et elle ne bat pas celle de Cuenca. Popo dans mon sac à dos me causait pas de problème mais j'avais quand-même hâte de sortir, j'avais un peu l'impression de gaspiller mon billet d'avion! J'avais hâte de retourner en Ecuador.

Je finis par trouver le comptoir à billet et par comprendre qu'il ne restait pas de billets à 40$, je pris donc deux billets à 30$. Pour comparer avec les billets de Madonna à Montréal, les billets à 40$ se vendaient 350$, les billets à 30$ se vendaient à 225$ et ceux à 10$ remplaçait ceux à 75$. Faudrait peut-être comparer avec les billets de Madonna à Quito, mais bon. C'était vraiement pas cher pour une tête d'affiche comme Manu Chao. eJe suis riche ici, très riche. En comparaisons, le soir où nous sommes sorti au bar JackDaniel sans JackDaniel, nous étions un petit groupe de 8 personnes et j'ai ramassé la facture. Payer les drinks à tout le monde m'a coûté 42$ et personne ne s'était privé. Comme dirait l'autre, j'ai déjà payé beaucoup plus pour beaucoup moins. Salud!

Avant de sortir, j'en profita pour m'acheter des bas pour remplacer ceux qui avaient disparru dans un magazin de plein air comparable à ce qu'on connait. Non, les bas n'avaient pas disparu dans un magazin, j'ai juste pas ponctué. Je regarde une petite veste de pluie qui pourrait m'être pratique en cas de. 225$. Je paye mes bas pis j'm'en va dans la Carolina. 

Rendu dans le parc, Popo est très content de courrir et, surtout je crois, de trouver des restants d'Almuerzo un peu partout. On fait la Caroline de long en large pis on retourne à la maison dans un taxi à 2$.

Il était quatre heure et cinq, ma lavanderia était prète. Je me demandais si j'allais retrouver mon linge. La siñorita n'avait ni pris mon nom, ni mon téléphone (ah bin j'ai un flash! Maman, es-tu allée chercher mes chemises?) et ne m'a remis aucun coupon me reliant à mes vêtement. Je me voyais déjà à quatre pates en train d'ouvrir les sacs avec la nouvelle fille qui venait juste de commencer son chiffre parceque j'étais un peu dépassé quatre heures. Mais non. Dès que j'arriva devant la lavanderia, la dame me sourie par la vitre, se dirrigea vers mon sac qu'elle me remis entre les mains dès mon entrée. Bon, j'allais pas pratiquer beaucoup d'espagnol ici maintenant. 5.25$ pour mon linge propre et plié dans un sac, je répète, j'ai déjà payé beaucoup plus pour beaucoup moins. Je la remercie mucho et quitte. Je trouvais un peu domage de ne pas avoir plus parlé avec elle, elle était sympatique donc patiente avec mon espagnol. Ma prochaine activité était de rechercher un magazin de réfrigérateur usagé. L'absence de frigo chez Daniel limitait un peu le type d'aliment qu'on pouvais conserver. J'ai pas eu trop d'adaptation à faire mais j'me disais que si je trouvais quelque chose de pas trop cher, ça tombait dans l'intéressant. Je souligne ici que l'important n'est pas la destination mais bien le voyage.

Je décide donc de revenir à la lavanderia pour interroger ma nouvelle amie sur les différents points de vente de petits réfrigérateurs de seconde main. Les directions ne furent pas fructueuses, elle m'envoya au maxiprix. Je crois qu'elle avait compris que je cherchais des choses à mettre dans mon réfrigérateur. Ça me permit de prendre une belle grande marche dans des coins encore non-explorés. À l'ouest vers l'aéroport, un peu au sud puis à l'ouest jusqu'à 6 de Deciembre (ma rue) et au sud encore jusqu'à plus loin que d'habitude. Pour 500 garage j'ai vu 1 magazin d'électro-ménagers. Quelques petits comptoires bouffe, des centres d'impression couleur grand format, des points de services Internet, des pharmacia, des peluquerias (salons de coiffures), une clinique vétérinaire, des Heladerias (crème glacée), des tiendas (magasin général grandeur garde-robe), garages, garages, garages et garages. On dirait qu'ils ont chacun une spécialité, qu'ils possèdent plusieurs copie d'une même pièce et que plus c'est sale, mieux c'est. La quête prend fin dans un taxi qui me ramène à la maison. Popo, assis dans son sac à dos, à sa demande, faisait merveilleusement ça comme d'habitude. Je l'ai trainé beaucoup dans le sac à dos aujourd'hui et c'était bien facile.

J'agrémente le retour à la maison de Grosses Pilsener. Daniel arrive un peu plus tard. On écoute "Uiyi Guaye" de Case 13. Il organise l'appart moi je me repasse ma journée. 12h31. Je suis à la bonne place. Merci et bonne nuit.

2 semaines - Déjà

Ça passe trop vite. Déjà deux semaines. Deux semaines à manger en espagnol, deux semaines à me promener en espagnol, deux semaines à visiter de nouvelles places en espagnol, deux semaines à traîner Popo à gauche et à droite en espagnol. Je me rappelle, il y a pas très longtemps, j'arrivais à Quito comme un exploreur. Sortir de l'avion était une aventure, prendre un taxi, montrer mon petit papier jaune avec le nom de rue écrit dessus, rencontrer Daniel, tout ça était aventure. Aujourd'hui je peux parler de Quito, de Cuenca, d'Otavalo, de Cotacachi, du lagon Cuicocha (ou quelque chose comme ça), des Quichua (les amérindiens d'Ecuador), de Daniel, ses amis Andres, Santiago, David, Caroline, Félipe, Nicolas de Cuenca, des taxis sans compteurs, des Tiendas (les dépanneurs), des Almuerzo (plat du jour) à 2$, des Ceviche au poisson à 1.50$, des centres de services et de réparation de voitures (90% des commerces de mon quartier), des murs qui entourent chaque maison ou chaque complexe, des grilles dans chaques fenêtres, dans chaque portes, des portes de garage en métal qui transforme toutes les rues commerciales en vidéo de Michael Jackson à partir de 6 ou 7 heures le soir, les co-pilotes d'autobus qui sont toujours accrochés à la porte ouverte pour inviter tous et chacun à monter dans un bus déjà trop plein, les règles de sécurité routière que tous connaissent mais qu'aucun respecte. Je commence a avoir le petit tirroir de la mémoire pas mal plein et j'en suis bien content. Je voulais m'assurer de profiter de tout et je crois qu'à date ma moyenne est bonne. Pas besoin de faire le tour d'un volcan à chaque jour, acheter 4 bières à la tienda du coin peut facilement devenir une belle aventure.

Cette nuit j'ai rêvé que j'avais accumulé pour 8000$ de ticket en conduisant en Ecuador mais que la machine distributrice de ticket de métro m'avait redonné l'équivalent en tiket de métro. Intéressant.

Jour 14 - La compétition de vélo en Quito

6h15, mon alarme sonne. Je me lève, m'habille, prépare mon sac et réalise que Daniel a passé tout droit. En bon samaritain, je me recouche donc la lumière allumée pour n'être qu'à moitié couché.Daniel se réveille à 7h15, nous partons à 7h30 vers le garage de son père pour récupérer le vélo. La course en taxi a bien été et Popo était bien content de rencontrer le père se Daniel. On change deux pneus et on quitte pour le mercado, questiom de manger un peu. Je retrouve avec joie les cochons de Cotacachi qui me regardent pendant que la dame en arrache un bout pour me faire gouter. Merveilleux, surtout au déjeuner. Au kiosque juste à côte, une dame prépare les jus de fruits. Je prends un grand verre de rouge. Délicieux. Mon estomac maintenant géré, vamos à la competition. 

Derrière le mercado, 3 pick-up offrent leurs services de taxi. On embarque avec le vélo dans la boîte. C'est ma première ride de boîte de pick-up sur l'autoroute. Assis bien au fond, Popo serré contre moi, c'était du vrai, bosses incluses.

Après avoir ajouté un peut de verre à une journée qui venait juste de commencer, on monta dans une voiture pour reconduire les courseurs en haut de la montagne. J'allais oublier la descente touristique de la montagne cette fois. Mon pied encore un peu tordu de mon tour de lagon n'incistait pas pour relever ce genre de défi aujourd'hui. Je redescendis dans la voiture pour attendre patiemment les courseurs. Certains amis de Daniel m'avaient pris en charge, j'avais pas trop de problèmes de social. Popo n'avait pas été mis à part et s'était fait un ami qui s'en occupait très bien et du fait même, lui pratiquait sa patience. Boooooon chien.

L'erreur du matin a été d'avoir oublié la crème solaire. Mon nez retrouvait à peine sa couleur normal que je le renvoyais au combat. Malgré la chaleur de la journée, j'ai eu sur moi presque tout le temps ma veste de laine à capuchon pour me protéger du soleil. Daniel arriva 4e de sa cathégorie. Pas de podium aujoird'hui. Pour le retour, on embarqua 6 dans une boîte de pick-up qui contenait déjà 6 vélos. Assis sur le bord de la boîte, tous mes points d'appui étaient optimisés au maximum et Popo essayait de garder son équilibre du mieux qu'il pouvait dans le fond de la boîte entre deux vélos. 

En arrivant à la maison, on couche Popo, petit brossage de dents, nouveau t-shirt, changements d'odeurs et taxi pour le restaurent de fruits de mer. Une bière et un ceviché aux fruits de mers todo incluido. Excellent repas, malgré la fatigue de la journée, complété par une crème glacée sur le chemin du retour. 

La soirée commença par une sieste suivie d'un peu de télévision et conclue par le film de Bevis & ButtHead. Le vrai dodo sera bien mérité. Demain, grosse journée. Je dois acheter deux billets pour le concert de Manu Chao de mardi, acheter des bas parceque je sais pasourquoi mais j'en ai pu et, l'activité qui me demandera le plus d'aventure sera de découvrir la lavanderia qui lavera mon linge. Vive l'espagnol. Il setait proffitable pour moi de me trouver un cours ou deux question de me donner un coup de main.

En deux semaines j'ai vu Quito, Cuenca, Cotacachi et Otavalo. Il serait bien d'aller faire un tour au millieu du monde, mais Misahuali et Puyo m'interpellent plus. Voyons voir ce que l'avenir a comme plans pour moi. En attendant, bonne nuit en Quito.

Jour 13 - Popo, Mathieu et le lagon.

Le réveil se fait à 7h30 pour être certain de tout bien préparer pour ma dernière journée. Je réalise qu'au doux chant des oiseaux s'ajoute un genre bruit strident. On dirait des cochons en train de se faire égorger. J'apprends plus tard que c'était bien des cochons qui se faisaient égorger, l'abattoir en plein air est juste à côté. Exotisme numéro 53. Ça fait champêtre.

Aujourd'hui, pour ma dernière journée à Cotacachi, Marcello m'emmena faire le tour du lagon dont j'ai oublié le nom. Ce lagon est en fait un lac dans la bouche d'un volcan. Mon premier contact avec un volcan. Celui-ci est éteint depuis bien longtemps, ça enlève à l'exotisme mais quand même, c'est un volcan. Tout se passe bien jusqu'au millieu du trajet. Une petite roche et ma cheville se tord. Rien de déchiré mais quand même un petit tandon étiré. Pas de douleur pour le moment mais je connais la chose. Ça devait arriver et ça devait arriver là. Il nous reste une heure de marche pour compléter le tour du lac. J'ordonne à ma cheville de ne pas produire de douleur pour le reste de la randonnée. Elle m'écoute. Rendu au chalet, je me mets à bouetter. Pourquoi, vue qu'elle m'écoute tant que ça, j'ai pas ordonné à ma cheville de tout simplement s'auto-guérir? Mystère. Comme disait Stéphane: "Je souffre, tant mieux". J'ajouterai que j'ai du porter Popo pour la dernière demie-heure. Il en avait assez de monter et descendre sur le bord de tomber autour de la bouche d'un volcan. C'est son droit.

Nous retournons à la maison bien fatigué. On retourne manger le cochon que j'avais entendu "chanter" au petit matin puis je prends la direction de l'autobus. Un 3 piastres de taxi m'amène à l'autoroute Panaméricana. Le chauffeur m'informe que je dois aller à Otavalo pour prendre l'autobus de Quito. Je sortis tout mon espagnol et mes connaissances Cotocachiennes pour infirmer ses dires.

J'ai eu à laisser passer 3 autobus qui étaient pleine. La 4e arrête devant moi. Nous sommes quatre à monter. J'ai le temps de me rendre jusqu'au fond de l'autobus avant de réaliser qu'il n'y avait plus de place. Dans les autobus que j'ai vue en Ecuador, il y a toujours quelqu'un qui accompagne le chauffeur pour inviter les gens à rentrer dans l'autobus en criant à répétition le nom de la destination, collecter l'argent, changer le cd de musique, sortir la tête par la porte et dire au chauffeur si des voitures arrivent par la droite, etc. Cette fois-ci, le co-pilote est venu me chercher pour me faire asseoire sur la banquette à l'avant de l'autobus dans la cabine du chaffeur, directement derrière le banc du dit chauffeur. J'avais les genoux qui lui rentraient dans le dos quand on pognait des bosses. En fait, on était quatre sur la banquette, le dos posé sur le mur auquel le chauffeur avait accroché sa chemise. 2$ 2h Catacachi-Quito, dans les montagnes, dont certaines ont la tête dans les nuages.

Ici le klaxon est indispensable. En équateur, le klaxon est préventif. En Amérique du nord, on klaxonne quand on est choqué après quelqu'un qui conduit mal, quand on a peur de quelqu'un qui nous rentre dedans ou quand on veut faire bouger quelqu'un qui bouge pas. Ici c'est simplement pour avertir, faire acte de présence, souligner le fait qu'on a décidé de dépasser un autobus dans une curve, en montant une côte, sur une ligne double, au cas où quelqu'un de l'autre côté s'enviendrait de la même mannière. Le klaxon ne s'adresse habituellement pas à quelqu'un en particulier, au contraire, il s'adresse à tout le monde en même temps: "chu lààààà". Très éducatif de voir l'action de si près.

Arrivé au terminus de Quito, j'étais revenu chez moi. Je pris un taxi et indiqua la direction au chauffeur. Fini le petit papier jaune avec l'adresse de Daniel, je pouvais dire par moi même "Seis de Deciembre y Murialdo". Bravo Mathieu. Aussitot arrivé à la maison, je déposa Popo et partis à la recherche de comida. J'avais faim. J'étais pret à essayerle mot "Almuerzo" mais je ne voyais aucune place qui l'offrait. Almuerzo veut dire "menu du jour". Pour 2$ ou 3$, on repartait avec un repas complait.

À plusieurs coins de rues de la maison, une partir de soccer avait lieu sur le terrain et juste à côté, un petit stand sur roues vendait des genre de saucisses au poulet cuites dans l'huile. Je suis arrivé comme elle mettait les saucisses à cuire. Après10 ou 15 minutes, j'avais 2 petites saucisses chaudes dans un petit sac. La pluie avait commencé à tomber, il était temps de rentrer. Je pris un taxi pour le retour à la maison qui me coûta plus cher que mon lunch. J'étais content d'être arrivé. Daniel arriva un peu après, il commenda du poulet pour tout le monde. Bien!

Content de mon temps à Cotacachi mais heureux de retourner à la maison, le dodo fut bon. Il s'enlignait court mais bon. Demain matin, nous devons partir à 6h30 pour la compétition de vélo. Une nouvelle montagne m'attend. Bonne nuit.

Jour 12 - Le tour du chapeau

Je me réveille encore une fois merveilleusement tard. 11h00 sonne, tout se passe très lentement. Marcello revient de travailler vers 12h30. On se rend dans un petit marché qui abrite une douzaine de comptoir à bouffe. Je suis étonné de voir autant de comptoire, tous un à côté de l'autre avec une affiche placée au dessus de l'espace à service. Je me rend compte assez rapidement que tous semblent s'être passé le mot et on choisis en coeur d'offrir du cochon roti coupé en tranches ou, si vous préférez autre chose, il y a aussi du cochon roti coupé en lamelle. Je crois que j'étais plus préoccupé par le cochon qui me regardait pendant qu'il se faisait trancher que par la diversité du menu pour aller au fond des choses et contredire mes propos car non, il n'y a pas que du cochon.

Un coup le ventre bien remplis de cochon (qui était, disons le, excellent), l'heure est à la découverte. Nous profitons de l'après-midi pour visiter le marcher d'otavalo. Sur la place publique (et dans la rue durant les week-end), les artisans Quishua exposent et vendent leurs foulards, bracelets, sculptures, punchos, peintures et chapeaux. Mon but était de me trouver un petit chapeau noir quichua. J'étais à la bonne place. Les montagnes sont remplies de colonies Quichua. Leur source principale de revenu est la production et la vente d'objet traditionnels. Ils cultivent leur blé, nourrissent leurs moutons, tissent la laine et l'interprètent dans leurs chapeaux, leurs vêtements, leurs foulards et leurs punchos. Les Quichuas parlent le Quichua et certains parlent l'espagnol. À part leur implication dans le marché, ils vivent très isolé avec peu ou pas d'argent. 

Je trouve enfin mon chapeau, la dame me demande 16$. Je ne comprends pas le prix qu'elle me demande. Je regarde Marcello qui ne me donne pas plus d'indices sur ce qui se passe. Je me rappelle à cet instant les niños tremblay qui dealaient eux-même leurs achats. À cette idée, deux points étaient attachés. Pour la première fois de ma vie, je me retrouvais dans une situation où il était mal vu, sinon impoli, de ne pas marchander. Et vu le succès fulgurant des niños Tremblay, je devais bien faire ça pour pas perdre la face. Sans savoir quel était le prix de base, je joua le tout pour le tout et relança l'offre avec un gros 5$. La dame trouvait que j'exagérais un peu. Tant qu'à moi, si elle veux pas d'offre qui favorise le client, elle n'a qu'à utiliser des prix fixe!

Combien ça coûte? Ça coûte 16$. Voilà 16$. Voilà votre chapeau. Merci beaucoup. Merci à vous. - C'est bien moins compliqué comme ça!

Mais non, on doit se battre et tout faire pourque l'artisant ou le vendeur fasse le moons d'argent possible. À mon 5$ mal avalé, elle me relança un 14$. Tant qu'à marchander, marchandons. Je la relança avec le même 5$ qu'au début en lui disant que le chapeau allait probablement être en vente le lentemain pour 5$. Elle infirma ma supposition. Pendant que je ne flanchais pas, elle discutait avec Marcello. Toujours avec ma meilleur attitude de marchandeur, j'était pret à annuler la vente à tout moment, je me trouvais bien fort. Après un peu de temps, je lui proposa 10$, soutenu par un regard qui ferait baisser les bras à n'importe qui, en ajoutant que c'était un très grand pas depuis mon 5$ du début, que j'avais fait un très gros effort et que pour ça, elle devait accepter mon offre. Elle hésita un peu et fini par accepter. J'étais tellement fier de mon exploit que j'en avait oublié de choisir la grandeur. Je suis donc parti fièrement... avec un chapeau trop petit. Brava!

En quittant Otavalo, nous sommes arrêté dans un parc construit autour d'une chute. Pour ce rendre à la chute nous devons traverser un petit village Quichua. Je pourrais facilement qualifier les petites maisons de ruines ou, plus respectueusement, de vestige du passé ou d'héritage patrimoniale. À chaque fois, je me demandais pourquoi on laissait comme ça tant de maisons abandonnées, comme si on avait comme projet de créer une ville fantôme. Je me surprenais à chaque fois de voir des poules, des cochons, des vaches et des gens vivre dans ces décombres. J'ai jamais vu de bidonvilles sauf à la télé. Les maisons ici ne sont pas en planches ou en carton mais en béton. Je ne suis pas non plus dans un bidonville, les maisons ont quand-même quelques pièces et la propriété est entourée d'un mur mais ça prend quand même quelques secondes avant de réaliser qu'une famille y vit. Je dois ajouter que tout le monde est de bonne humeur et souriant et qu'ils n'ont ni iPhone ni iPad. Note à moi-même.

La chute est très jolie, il y avait un petit tunel dans la roche de quelques mètre pour pouvoir apprécier la chute de plus pret. Après avoir pénétré de quelques centimètres ma respiration s'est arrêté. À quatre pattes dans un tunel qui tourne et qu'on voit pas la fin? Non merci. Je suis en vacances, je ne me suis pas payé un billet d'avion en équateur pour aller arrêter de respirer dans une mini-grotte. Ce fut rapidement clair dans mon esprit que je n'aurais pas la chance de vivre cette mini-aventure. J'attendis de mon côté de la chute. Le reste de l'aventure est une petite promenade dans les sentiers du parc et un retour vers la maison (avec mon chapeau).

De retour à Cotacachi je pris mon temps pour faire les courses du souper. Je pouvais apprécier Cotacachi by night en plein vendredi soir. Merveilleux petit village, plusieurs personnes m'ont salué durant ma promenade. Belle embiance, on dirait vraiement Ste-Béatrix mais avec un patrimoine architectural collonial espagnol très important. Le village a 150 ans. Il y a 120 boutiques d'items de cuir et ce, à cause de la 1ere guerre mondiale. Les étuits pour les couteaux, les cigarettes et les briquets des soldats américains étaient fabriqués à Cotacachi. 
L'expertise du cuir se développa et s'étendit aux manteaux, sacoche et sac. Notons que plusieurs marchands de souliers de course vendent aussi des dvd de films copié. Je le note car je l'ai remarqué souvent. Voilà.

Je reviens à la maison avec de la crème (0.70$) et une bouteille de rhum (8$). Petit souper et petit drink pour célébrer ma dernière nuit en Cotacachi. On s'enfile une petite marche dans le village pour le sentir une dernière fois. L'objectif est une crème glacée. On suit les bruits et les lumières pour se retrouver au beau millieu d'une petite foire avec quelques jeux et quelques manège. Le bateau de pirate, Une grande rour, une petite roue, et certains caroussels pour 8 ans et moins. On décide de faire un tour de grande roue. Avant qu'on embarque, la grande roue tournante comptaient 0 personnes. Pendant que nous tournions, 2 personnes ont voulu s'essayer. Attention, elle tourne mais n'arrête pas! J'ai eu besoin de faire des signes au petit gars.

Je profite du wi-fi pour facebooker les photos de ma caméra qui a finalement pogné le signal.  Cotocachi todo incluido, bonne nuit!