jeudi 29 mars 2012

Jour 24 - En route pour l'Amazonie

Mon réveil sonna à 7h. Je resta couché jusqu'à ce que j'entende Daniel bouger dans l'appartement. Daniel est de bonne humeur le matin, ce qui est très agréable. Je pris ma douche, ferma mon sac de voyage, apporta le tout devant la porte et tenta de partir en même temps que Daniel. Il me restait mes souliers à mettre mais Daniel était pret à sortir. Après lui avoir dit bonjour, je retourna me coucher. Ma selle du matin n'était pas bien belle et elle fut accompagnée par un beau petit vomi de courtoisie, question de régler tout ça avant d'embarquer dans l'autobus.

Je sortis de la maison à 9h pour regagner l'autobus au terminus nord qui m'amènera au terminus sud où je prendrai l'autobus qui me sortira de Quito pour m'emmener dans la jungle. Je connaissais ce premier terminus de mon premier voyage à Cotacachi. L'autobus rejoint le terminus sud en contournant Quito. J'avais vu le terminus sud (Quitumbe) sur YouTube. C'est un nouveau terminus pour tous les autobus qui se dirrigent vers le sud. Un gros terminus propre et moderne. Ça fait un peu étrange car le terminus est situé dans une partie très pauvre de la ville. 

L'autobus est confortable. J'ai deux bancs, un pour moi et un pour Popo. Première surprise, l'autobus avance trrrrès lentement. Le trajet est normalement 5 ou 6 heures. J'espère que cet autobus arrivera avant la nuit. Deuxième surprise, le film. Je m'attendais à pouvoir dormir ou me reposer durant le trajet mais le film présenté est "Pearl Harbour". Un film d'avion de guerre. Pour ajouter au confort, j'ai le speaker juste au dessus de la tête. Je change donc de place avec Popo et lui laisse le siège côté fenêtre. Il s'entête quand-même à se coucher sur moi question de me brasser le mal de coeur. 

Ça fait 2 heures qu'on a quitté le trminus et j'ai l'impression qu'on est encore à Quito. Le mal de coeur passe moins vite quand on voit toutes les voitures nous dépasser. J'va me reposer le mal de coeur un peu en prenant quelques photos et en essayant de dormir sur mon sac-à-dos.

Le trajet est très long. C'est pas bon pour le mal de coeur. En plus, l'autobus se fait dépasser par tout le monde. Je m'attendais à un chauffeur fou comme celui sur la route de Cotacachi mais je tomba sur son contraire. J'aurais bien envoyé Popo mettre un peu de poids sur la pédale à essence mais vue la grosseur de l'autobus, je doute que Popo soit assez pesant. Toutes les autobus inter-provinciales sont très confortable. Bien plus qu'un avion. Les sièges sont bien rembourrées, permettent une position presque couchée et laisse assez de place pour les pieds. En plus, le tout est offert à un prix budjet. Plus ou moins 1$ par heure de déplacement. Calcullons. Mon trajet de 7 heures me coûta donc? Oui, 7$. Le côté désagréable, daprès moi, est le choix du film. Comme je disais, Pearl Harbour n'est pas le film le plus relaxant que je connaisse. J'ai beau me concentrer sur le paysage, j'ai quand-même des combats d'avion de guerre et des cris de gens qui se font trucider comme trame sonore. Rien n'est parfait.

Mais bon, plus j'avance vers ma destination, plus le paysage est à couper le souffle. Les ravins sont plus creux, les éboulis sont plus gros et les glissements de terrains plus cinématographique. À plusieurs places, la montagne avait glissée et le flanc de la montagne était dénudé. J'ai croisé des roche grosses comme des cabanons qui n'avaient pas leur place sur la chaussée. Une autre fois, c'est la chaussé qui n'avait plus sa place. La voie de droite avait été remplacé par une belle ouverture qui donnait directement sur la rivière quelques milliers de kilomètres plus bas. Un peu plus tard, c'était la boue qui avait recouvert la chaussée. L'autobus s'est mis à glisser sur le côté directement vers le petit pont qui n'avait pas de garde-fou. Par chance, le tout se déroula sous mes yeux. J'ai pu voir le fond du ravin qui était pret à nous avaller. L'autobus s'immobilisa juste à temps et à partir de ce moment je pu apprécier tout les efforts que le chauffeur faisait pour prendre son temps. Je dirais même qu'à partir de ce moment, je trouvais qu'il allait pas mal vite.

Sans trop comprendre la cause du dérappage, je crus saisir qu'une tierce personne était en cause. On a eu droit à une pause assez longue pour permettre au chauffeur de démêler la chose avec les policiers rencontrés un peu plus loin. Toujours avec les combats d'avions en bruits de fond. Mais bon, le trajet était long mais se fevait d'être ainsi. Je devais sentir que j'étais loin de chez moi et je me rassure en me disant que ce fut accompli. La route était très sinueuse, je veux dire trrrrrès sinueuse. Les dénivellations étant trop prononcées pour passer d'une montage à l'autre il fallait contourner les ravins. Nous étions donc principalement à flanc de montagne, à quelques pieds du vide. Plusieurs ponts à une voie avaient l'air en carton, ou en vieux bois. Sans savoir pourquoi, le conducteur aimait bien prendre de la vitesse avant de traverser ces ponts. C'est peut-être comme la conduite à Quito, plus on passe rapidement entre deux camions, moins la voiture est large. Ça passe pas? Passe vite!

Bref, je senti le voyage reprendre du sens dans cet autobus. L'assistant du chauffeur n'était pas plus sympatique que ça et ne faisait aucun effort pour que je comprenne ce qu'il me disait. Il ne faisait que répéter la même chose plus rapidement. La première fois était pour récupérer mon billet que je croyais avoir perdu, la deuxième fois était pour voir si quelqu'un se cachait sous Popo (?) et la troisième fois était pour me dire que mon trajet "directo" vers Misahualli n'était plus directo mais bien avec un transfert à Tena. J'étais seul dans l'autobus pour faire le dernier droit. Il me transféra donc dans l'autobus local qui faisait Tena Misahualli.

Une fois assis dans l'autre autobus, je réalisa que mon transfert était une bonne idée. L'autobus étant pleine, je me retrouva assis sur le banc de l'assistant chauffeur en avant à la droite du chauffeur. Son assistant était debout dans le cadre de la porte ouverte et s'occupait de faire monter, payer et descendre les gens tout en s'ammusant avec Popo. Les Écuadoriens ont la manie de pousser Popo à bout par plaisir. Je fais tout pour garder Popo calme et ils font tout pour me prouver que Popo a ses limites. Mais bon, au moins il trouvait Popo bien drole quand il perdait patience.

Tout le long de la route, je voyais des petite maison... des cabanes... des boîtes de bois sur pilotis de petite ou moyenne tailles. Chacune était agrémentée de vêtements séchant sur une corde à linge, ce qui me permis de comprendre que ces lieux étaient des maisons. J'avais jamais vu aussi rustique. Les gens qui y vivaient étaient ceux qui voyageaient dans mon autobus. Leurs vêtements étaient communs, avec le sac d'école et leur attitude à la mode, mais calcul fait, l'ensemble de leurs biens incluant maison, poêle, frigidaire, lit, garde-robe et autre flafla n'atteignait probablement pas le prix de mon iPad. Mes préjugés, encore ébranlés ici, réalisaient que l'abris ne faisait pas le moine. Sans prendre en pitié, vénérer ou juger, seulement le fait d'entrer en contact (et ce, vite dit) avec cette réalité m'ouvrait les yeux et rentabilisait mon voyage. Chose currieuse par contre, certaines de ces cabanes avaient la télévision. L'idée est donc de prendre la caricature, d'enlever certaines couches et d'en ajouter d'autres pour tendre vers le vrai portrait. Certaines personnes font en une journée ce que je fais en une année. Aujourd'hui j'ai vu des famille avec moins d'argent pour le mois que j'en ai dans les poches présentement. Si j'étais à leur place, ma vie serait un enfer mais pour eux, tout est bien, tout est beau. La misère des riches...

Mais bon, je ne suis pas venu à Misuhalli poir ouvrit une succursale de vision mondiale, ni pour me comparer et encore moins pour sauver le monde. Je suis ici pour me reposer dans une Jungle-Lodge et rencontrer mes nouveaux amis les singes. Il était 6h45, la nuit était tombée depuis 45 minutes. Et je le répète, en Ecuador, la nuit tombe toujours à 18h et elle tombe tout d'un coup. Il faisait dont minuit dans la jungle. Mon gentil assistant chauffeur d'autobus connaissait l'endroit où j'allait, il pu donc me débarquer à la porte. Un écriteau indiquait se sonner pour se faire ouvrir. Je sonna, Antoine ouvra la porte et je lui dit (accompagné de Popo) "Bonjour Antoine" d'un ton très familier. J'avais communiqué avec lui par email durant la semaine pour m'assurer que la présence de Popo se causait pas de problèmes, voilà pourquoi je connaissais son nom. Il sembla surpris de ce ton famillier et je le rassura en lui confirmant qu'on ne se connaissait pas. L'important était l'entrée de jeu, le jeu fut entré. Il me fit visiter les lieux rapidement, me montra ma chambre et m'informa sur les principales accomodations de la maison. Pour l'instant, ce qui m'intéressait était de déposer mes sacs et de me mettre quelque chose sous la dent. Le déjeuner était servi mais les autres repas devaient être à ma discrétion. Il m'informa qu'à quelques pas se trouvait "L'Auberge Espagnole" qui faisait aussi office de restaurant. Parfait pour moi. 

Je m'y rendi en 30 secondes et fis la connaissance de (appelons-là) Julia et de (appelons-la) Maria qui me servirent un plat que je dévora. Seul repas de la journée, j'avais même évité de boire pour pas avoir envi de pipi dans l'autobus, j'étais bien content. Elle voulu me montrer le menu, peut-être pour me montrer l'étendu de leur cuisine mais je refusa et lui demanda de me suggérer un plat. Elle dit un mot que je ne compris pas et avant même qu'elle ait terminé de prononcer, je lui confirma que c'était bien ce que je voulais manger. J'ai pas fait 7h d'autobus pour être capricieux. J'étais certain que j'allais aimer. Comme de fait, je crois bien que j'ai re-mangé mon cochon qui me regardais à Cotacachi ou à Quito avant la compétition de vélo. La texture ressemble à celle du poulet, de long filaments qui se défont facilement. Je me souviens pas avoir goûté à ça au canada. Il parrait qu'il font cuire le cochon sur un feu de bois pendant 24h (ou quelques chose comme ça). En tout cas, avoir choisis mon repas, j'aurais pas si bien tombé. En plus, Popo avait un ami sur place. Je crois que c'est le premier chien qui est venu à bout de Popo. À la fin, Popo allait même jusqu'à le contourner pour aller chercher le baton. Bien! Après 7h d'autobus, Popo méritait de jouer un peu.

De retour au Lodge, je retrouva Antoine, mon nouvel ami (malgré lui), lui paya un verre et lui fit un peu de jasette. J'appris qu'il était d'origine française, qu'il avait grandi en Côte-d'ivoire, qu'il avait beaucoup voyagé à cause, ou grâce, à ses parents et ses grands parents. Qu'il avait ce lodge depuis 4 ans et que sa blonde venait de retourner en France avec leur garçon. Il arrivait d'un 4 mois en France et avait donné un congé bien mérité à ses employés pour s'occuper seul de la Lodge. Le complexe peut héberger une trentaine de personne mais son taux d'occupation est entre 25% et 30%. Je lui demanda si il reconnaissait encore le côté exotique et luxueux de l'endroit et il m'avoua que pour lui, ça pouvait facilement se transformer en prison de verre. Je peux comprendre. L'endroit est magnifique et exotique mais isolé et mono-thématique. Du gâteau au chocolat c'est bon mais quand tu manges juste ça, ça fini par te tomber sur le coeur.

La bouteille de rhum n'était en forme que pour 2 verres que nous bûmes (j'adore le passé simple), le wifi était bien effectif sous le petit toit près de la piscine et Popo avait même trouvé chaussure à son pied: Antoine avait un chien! Tout le monde était casé. Bien qu'Antoine avant l'habitude de se coucher à 9h, je le fit veiller jusqu'à 9h45. J'étais moi-même bien fatigué. Direction chambre, terminer de rédiger ma journée et faire un dodo bien mérité. J'entends la rivière qui passe juste en bas, les grenouilles qui croassent, les petits insectes que je ne connais pas et les gros que je ne verrai pas. J'ai un beau concert autour de moi. Ma chambre a des fenêtres sur trois murs sans vitre, seulement moustiquaires. J'ai l'impression de dormir dehors et c'est très bien. Très humide mais très bien. Bonne nuit Popo.

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