Pour la première fois depuis un bout, j'utilise mon réveil pour me lever. Le déjeuner se termine à 9h30, fini les grasses matinées. 8h30 et je suis levé. J'aurai l'occasion de passer plus de temps avec mes amis les singes. 2 petits pains, marmelade, café, oeufs brouillés et jus de fruit. Je mange le tout, servi gentillement par Zoraida qui ne commente pas la sortie manquée de la veille. Je mets ça derrière moi et apprécie la matinée. Le petit groupe qui logeait dans la chambre à côté de moi a déjà quitté l'auberge, je suis seul pour déjeuner. Bonne chose.
Après le déjeuner, je quitte avec Popo pour le pays des singes. Mes compagnons passent l'avant-midi sur la plage. Aujourd'hui dimanche, plusieurs touristes sont venu les observer. Popo, fidèle à lui même, reste prudent avec ses tortionnaires. Plusieurs essaient encore de lui tirer la queue, de le pousser ou de lui faire une jambette. Popo n'aime pas ça mais j'ai l'impression qu'il prend de l'assurance. Il va jusqu'à courir après certains d'eux au lieu de venir se cacher sous moi. J'avoue que je lui ai donné raison une fois. Le singe, le plus gros, commençait à trouver l'attitude de Popo un peu désagréable. Il se mit à lui lancer des batons et à lui montrer les dents. Je ne connais rien aux singes mais je sais que, lorsqu'il montre les dents c'est qu'il n'est pas content. Cette fois seulement, je pris Popo dans mes bras et mis un pied devant moi pour nous séparer du singe impatient. Popo fait mal la différence entre le jeu et la guerre. Tous trouvent très drôle quand il se fait tirer la queue, moi inclus, mais pas lui. Je crois qu'il aurait besoin de quelques semaines pour apprendre à connaître ses nouveaux amis.
Midi approche, les singes regagnent tranquilement leurs arbres pour la sieste. C'est l'heure à laquelle je regagne habituellement l'auberge pour l'almuerzo et le repos. Il fais très chaud. Trrrrrès chaud. Comme hier, le rythme est lent, les enjambées sont courtes et l'effort est à son minimum. Je quitte tranquilement la plage et Popo me suit sur le même rythme. Je m'achète deux MonsieurFreeze en chemin et une bouteille d'eau. Je partage ma bouteille avec Popo et contourne la place publique pour suivre le chemin à l'ombre. Traaaaanquiiiileeeeemeeeeent. J'aime bien. Je déménagerais bien ici si j'avais les moyens de rien faire et la possibilité de partir quand je veux. C'est pas ici que je pourrais piler de l'argent pour la retraite ni révolutionner le monde de l'Internet. Mais bon, pour quelques jours, c'est l'endroit parfait.
De retour à l'auberge, je prend une petite grosse bière et la boit tranquilement sur la terrasse à l'abris du soleil. Zoraida ma offert ce matin de me ramener à Quito demain matin en voiture. J'avais dans l'idée de prendre l'avion mais tous doutent de la régularité des vols. L'aeroport de Tena a pris 4 ans à construire, il s'agit d'une piste et d'une tour de contrôle. On me dit qu'il y a plus de parties de soccer que de décollages d'avion sur la piste. Une sirène averti si une avion arrive et tous doivent libérer le terrain le temps des manoeuvres. La partie de soccer reprend dès que l'avion est repartie ou au repos. J'aime bien. Si on s'attend à rien, on est pas déçu. Le plus malheureux est celui qui a un horraire du temps chargé. Il peut être certain que sa journée tombe à l'eau.
Je retournerai donc à Quito demain matin avec Zoraida si ça tient toujours rendu là. Aujourd'hui serait donc ma dernière journée à Misahualli. Il me reste 4h avant le coucher du soleil. Je vais tenter de bien en profiter en ouvrant bien grand les yeux et en marchant lentement. trèèèès lentement.
Le tour du centre-ville se fait facilement, en fait, c'est tout ce qu'il y a à faire. À part la plage qui est juste à côté, c'est l'attraction principale. Les autobus de touristes ecuadoriens se vident et ces nouvelles masses se déplacent vert le "port" (petite partie de la plage réservée aux pirogues). Daprès-moi, ces pirogues sont l'attraction principale de la place. À l'aide de ces embarquations, il nous est possible d'aller découvrir les environs par voie maritime. Des villages quichua, des villages quichua et d'autres villages quichua. Je ne crois pas qu'il y ait tant de village quichua dans les environs mais je suis presque certain qu'il n'y a pas grand chose d'autre. Un amateur de nature s'empressera de dire le contraire, que la région regorge de milliers d'espèces de plantes, d'herbes, d'arbres, d'oiseaux, de papillons, d'insects, de fougères, de fleurs, de papillons et j'en passe. Oui, il y a tout ça, je l'avoue, mais tant qu'à moi, il fait tout simplement trop chaud. Voilà pourquoi j'ai pas fait de tour de bateau. Bon, j'avoue que le guide du bateau numéro 3 a l'air bien intéressant mais ça c'est une autre histoire et je n'ai vu nul-part son offre de sévice.
Alors, tranquilement, je fais le tour de la place-bourgette misahualienne. Je m'arrête dans une Tienda pour acheter une bière. Le vieil homme derrière le comptoire me dit "no, no, no... no". Il prend ma bière et la remet dans le réfrigérateur. Je ne comprends pas. Ce n'était pas un "no, pas celle-là, en voilà une plus froide", ni un "no, ceci est un démonstrateur, prends-en donc une vraie mon grand" et ni un "no, vous êtes aux insolences d'une caméra". C'était un simple "no" sans suite. Seule sa femme rajouta un "mañana". Je lui répondu "¿Mañana?" et elle me re-répondu "Mañana". Je comprenais rien. C'est comme si il avait un permis qui lui permettait de vendre la cervesa qu'entre 8h du matin et 3h de l'après-midi. De toute façon, je venais d'être diverti. Je me dirrigea vers la tienda d'à côté et y acheta ma bière. 1,50$ pour une petite grosse bière, todo bien.
Ici, aucune loi interdit la consommation d'alcool sur la place publique. Je me trouva donc un petit coin à l'ombre dans le square centrale et y dégusta ma grosse Pilsener tranquilement en regardant les enfants se promener dans les voitures à pédales laissées à leur disposition, en regardant les touristes sortir de l'autobus et en regardant les gens qui, assis comme moi, regardaient les gens assis comme moi. La dernière chose que je ferais ici est une course, du jogging ou des poids libres. Certains jouent au billards dans la petite salle aménagée devant moi. Je pourrais sûrement arriver à jouer mais j'oublierais probablement quelles boules rentrer ou tout simplement, de jouer. Je regagne tranquilement ma terrasse et poursuit ma rédaction. Quelle belle activité. Boire une bière sur la place publique et en parler pendant quatre parragraphes. Viva Misahualli.
Vers 16h, je rejoints mon amie Zoraida pour une petite escapade à la plage. Son chien Bilbo et Popo s'entendent à merveille. Nous partons donc en famille afin d'aller rejoindre les vacanciers et bien entendu, mes amis les singes. Je pourrais rester des heures à regarder ces petites bêtes tirer la queue de Popo. Ils n'en finissent pas de s'amuser entre eux. Un tire la queue de l'autre, l'autre grimpe sur le dos d'un troisième, ce troisième pousse un quatrième dans l'eau et le quatrième fait une jambette au premier. Le saut de la mort de la branche du haut, il se retient avec la branche du bas qui pli jusqu'à l'arbuste qui fini par amortir sa chute. À quelques reprises, j'ai servi de branche à l'un ou l'autre de mes amis. Leur petite main dans la mienne, tout léger, la queue encore enroulé à une branche, ils sont maître dans l'art de l'équilibre. Tout léger mais à la fois fort, ils sautent, courent, se perchent, s'agrippent, se balancent et s'élancent. Un balet à l'accéléré.
Ils n'ont aucune politesse, aucune bonne-manière ni aucune étiquette sans toute fois être de méchante bête. Leur objectif principal est le jeu, le jeu et encore le jeu. Quelques fois, on cherche les fourmis pour soulager un petit creu, on nettoie dans l'eau le morceau de banane trouvé au sol et on le déguste. Si la faim n'est pas si forte, on prend une bouchée et on jette le reste. Le singe peut manger par gourmandise. Je l'ai vu quelque fois rejeter le morceau de nourriture fraîchement trouvé. Je ne connaissais pas la raison du refus mais si il avait été affamé, il l'aurait dévoré. Il choisi, le singe choisi.
Popo a l'air de s'y faire tranquilement. Bien qu'il lance son cri de désespoir quand il se sent pris au piège, il n'a pas l'air de faire vraiement peur à mes amis. L'ultime suplice dont il est victime est le tirage de patte. Un singe devant lui attire son attention quand un autre par derrière lui agrippe la patte et le traine sur deux ou trois pieds. Pauvre Popo, mais paaaaauuuvre Popo. En plus d'être la risée des singes, il devient la risée de la foule. Seulement à son tour, bien entendu. Les singes ne jettent pas leur dévolu sur uniquement lui. Quelques enfants deviennent des perchoires à singes, certains adultes perdent leur bouteille de jus aus mains de ces voleurs. Les plus audacieux perdent chapeaux et casquettes. Un homme a même été mordu. Attention, il l'avait cherché. L'expression "on apprend pas à un vieux singe à faire la grimace" prend tout sons sens. Le singe est joueur mais pas stupide. Bien plus perspicace que plusieurs d'entre nous, il voit venir de très loin la belle parole ou la ratourure. Il est en contact direct avec la nature. Pauvre nous, pauvres robots.
J'ai pas eu le courage de me baigner. L'eau est brune mais pas souillée. Elle arrive directement des volcans et aucune grosse ville n'est sur son chemin. Le courant est fort, le sable remonte à la surface. Je ne me met même pas nu pied, j'ai peur des puces de sable. Les mêmes qu'en Floride, les mêmes que partout, mes pieds sont déjà couverts de petits points rouges. 40 sur mon pied droit, j'imagine idem pour le pied gauche. Ça date de la seul fois où j'ai enlevé mes bas, il y a trois jours, pendant quelques heures en fin d'après-midi au France-Amazonie. Je vais tenter, la prochaine fois, je me beurer comme il faut. Crème solaire, trois couches, et anti-bébite en quantité. ça serait une bonne chose que je profite de l'occasion pour essayer d'effacer un peu le t-shirt blanc que j'ai de collé au corps. J'ai enlevé mon t-shirt pendant dix minutes l'autre jour et j'ai maintenant des bandes rouges sur le ventre. History repeating d'un Gringo au pays du soleil chaud. Car oui, il est chaud, quand il est là il est très chaud. Je reste habillé et je bronze en Gringo. Comme je disait l'autre jour, je commence à réaliser que je ne pourrai jamais passer innaperçu ici. Je ne suis tout simplement pas latino. J'ai beau avoir l'air cool, marcher lentement, dire "buenas tardes", saluer les gens que je croise, rien à faire. Je suis un Gringo!
De retour à l'auberge, j'ai de la grosse prise de décision à faire. Zoraida ne va plus à Quito mais bien à Puyo. J'ai donc le choix entre le trajet d'autobus interminable vers Quito à 8h30 demain matin ou descendre vers le sud jusqu'à Puyo en auto pour y continuer mon voyage. Il serait bien, je crois, de descendre par en bas pour visiter le pays. Puyo était la première ville sur ma liste. J'aimais son nom (qui signifie "nuage" en Quichua) et sa vocation de porte de la jungle. Les images qui se formaient dans ma tête en disant long et puyo était invitantes mais je m'éloignais de Quito et le retour allait être encore plus long. L'aeroport de Tena, à 15 minutes d'ici est, aux dire de tous, non fonctionnelle. L'aeroport de Shell, à 15 minutes de Puyo, semble dans le même état. J'ai trouvé une compagnie d'avion qui peut me voyager de Shell à Quito à la date et à l'heure désirée pour 1800$. 600$ de plus que l'allé-retour Montréal-Quito. J'étais voué à écouter des drames policiers le son dans le fond dans un autobus trop lent au trajet trop long.
Quito, Puyo, Quito, Puyo, Quito, Puyo. Rien à faire, je n'y arrivais pas. J'ai pris une chance et demanda à Juliebolduc si ses doigts de fée et son espagnol pouvait démystifier les aeroports poir moi. Je la savais merveilleuse mais même les limites ont des limites. Dans le fond, je lui demandais de choisir ma destination. Elle me répondit rapidement que ce genre de vol doit souvent être gérer sur place. On parle ici d'un aeroport fermé et d'une piste de décollage sur une base militaire, j'étais concient de ce que je lui demandais. La seule chose que je croyais sage de faire était d'aller manger et de me fier au pouvoir d'un estomac plein. Peut-être que rendu là, tout sera réglé.
Et bien, c'est durant le souper que tout me fut révélé. Zoraida était de retour de Téna et racontait comment la pluie s'était arrangée pour tomber durant les 5 minutes qu'elle n'était pas protégée. J'ai entendu la pluie tomber ici et j'ai cru que le toit allait arracher. On aurait dit des grèlons. Le toit de métal résonnait de partout. Après 5 minutes de vacarme, je me rendi au balcon pour voir de mes yeux vu ce qui se passait mais à ce même moment, l'intensité tomba. J'avais manqué l'orage, mais pas Zoraida. J'en profita pour lui demander son avis sur mes deux destinations. Entre Puyo et Quito elle choisit Misahualli! C'était réglé, je bougeais pas d'ici.
Puyo étant la porte de la jungle, l'idée de sortir de la jungle pour aller cogner à sa porte n'était pas très productive. Les singes me l'auraient dit bien avant. Vue de Quito, Puyo est exotique et sauvage mais vu d'ici, Puyo est une ville de 25000 habitants tandis que Misahualli est une ville de 700 habitants (dont une cinquantaine sont des singes). Au lieu de prendre l'autobus pour une ville plus grosse, je devrais prendre une pirogue et descendre le courant. Misahualli, here I stay.
Heureux d'avoir un avenir, je termine mon repas, prend une petite marche avec Popo, achète deux petite grosses bière au magazin du coin et reviens à l'auberge rédacter ma journée. J'ai le Quito qui m'interpelle mais dans le fond, mon voyage c'est ici, en tout cas, pour l'instant. Quito c'est les amis. Je crois que c'est ça qui me ramène à Quito. Popo est un bon compagnon, mais daniel, Andres et Santiago ont aussi leurs bons côtés.
La pluie vient de recommencer, la jungle se refait une beauté. Misahualli prise trois.
3 commentaires:
A cette vitesse-là, tu vas devoir utiliser photoshop pour changer la date de retour sur ton billet??? hihihi
Pâques dans une semaine, dis-moi, c'est religieux pratiquant dans ton coin?? Singe en chocolat... ça te dit??
Garde les yeux grand ouvert (avec ou sans "s"??
je t'aime,,, mom.. xxxxx
Pour ton information, dépendant de leur degré de religiosité, les gens ne consomment ni ne vendent d'alcool le dimanche!!! Te voilà bien renseigné !!! Choisis donc des tiendas païennes le dimanche !!!! Ah oui, cette semaine, c'est la semaine sainte, il y a des festivités dans tout l'équateur. Buenas !!!!!!
Julie the rivest
La tienda juste à côté est tenu par des pécheresses, elles sont maintenant rendues mes amies!
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