Quelle belle surprise, quelle bonne décision. Pourquoi rentrer à Quito quand les vacances sont ici? Le réveil du petit déjeuner sonne, il est 7h30. Je me permets un petit snooze, le temps de laisser aux visiteurs du dimanche la chance de regagner leur autobus. 8h30, les lieux semblent vide, je peux donc tenter un réveil douceureux. Un pied devant l'autre, je me retrouve à la salle-à-manger. Un oeuf brouillé, un jus fraîchement pressé, deux petits pains, un carré de beurre, un café et de la marmellade. Je mange tout ça tranquilement et remonte à ma chambre dormir quelques heures de plus. C'est lundi pour tout le monde après-tout.
11h30, la dame de chambre cogne à la porte. L'heure est raisonnable, je me lève, lui ouvre et la laisse faire son travail. Quel beau luxe. Elle accroche une nouvelle serviette dans la salle de bain, fait mon lit et replace les choses que j'avais laissé au sol. Je retourne dans une chambre propre et en ordre. Les contrastes entre la jungle et les services de l'auberge m'étonnent toujours. J'avais tout planifié comme si j'allais passer 2 mois couché dans un nid de fourmis. Au contraire, quand on a connu St-Michel-des-Saints, les maringouins de la forêt amazonienne se cachent quand ils nous voient arriver. Je trouve donc impressionnant, à chaque fois, de voir le petit savon dans son petit sac de plastique, la petite serviette pliée en deux, l'extra rouleau de papier de toilette et le plancher tout propre. Tout est finalement une question de perception relative aux attentes. Je suis dans le penthouse d'un 4 étoiles.
Je profite de l'heure du lunch pour manger un peu. Je laisse la viande de côté et opte pour la salade de fruit avec yogourt. La portion est assez généreuse et est agrémenté d'un sirop sucré. J'aurais pas pu demander mieux. Le léger lunch maintenant avalé, j'interroge mon hotesse sur le plan de ma journée. Après-tout, c'est elle qui m'a suggéré de rester, elle devrait donc avoir dans son petit sac, une activité pour moi. Elle me propose d'aller visiter une chute non-loin d'ici. Seulement 10 minutes d'autobus entre moi et la chute. Je l'informe que je recherche une activité qui se fait sans véhicule motorisé, quelque chose de près, simple et accessible. Elle me parle d'un arbre géant, juste l'autre bord du pont. Voilà mon genre d'aventure, en 10 minutes j'y serais rendu. L'idée est d'emblée acceptée. Je prépare donc tout le matériel nécessaire, l'équipement de pointe et les provisions, en résumé, ce qui se résume en une bouteille d'eau. Avant de partir, je prends soin de bien me badijonner d'une couche de crème solaire et d'une couche d'anti-moustique. Je ne jouerai pas les imprudents et en mettrai autant que mes pores me le permettront.
Avant de me dirriger vers mon safari, je rejoints, bien entendu, mes amis les singes. Aujpurd'hui lundi, les touristes partis, j'ai la meute de singe au complet juste à moi. Je prend siège devant un petit groupe et calme Popo qui tente de se lancer à la chasse. Les singes viennent voir ce qui se passe, si j'ai des bananes ou je ne sais quoi, et re-tire une patte à Popo en passant comme si ils s'attendent à sa réaction. Popo est rendu banal, plus de surprise. À deux occasions, pour avoir une meilleur vue, un singe se perche sur mes épaules. Tout léger et en plein équilibre, le petit singe relaxait appuyé sur ma tête. Bien qu'il eut essayé de voler mes lunettes, je le sentais s'ennuyer. L'action du week-end était tombée, il ny avait plus que Popo à narguer. Autant mieux regagner la branche du haut et poursuivre la sieste. Popo n'est pas très bon joueur et se met à japper dès qu'il se sent coincé. Un singe essaie de retirer mes lunettes sans succès. Je ne sentais pas beaucoup de motivation. Un autre voulu voler ma bouteille d'eau. Je la tira vers moi et il la laissa aller. Franchement, le lundi c'est fait pour se reposer.
Au lieu de lui laisser ma bouteille d'eau, je la vida un peu dans une bouteille trouvée sur le sol. Le singe savait le truc pour enlever le bouchon et vider l'eau au sol mais n'avait pas essayé de la porter à sa bouche. J'ai vu plusieurs singes boire directement à la bouteille mais je crois que celui-là ne voulait que jouer dans l'eau. Deux singes seulement buvaient l'eau que j'avais versé dans ma main, l'autre ne faisait que jouer dedans. Un petit singe mis ses mains dans la mienne et se lava les mains sous le filet d'eau que je laissais couler de la bouteille. Il resta comme ça jusqu'à ce que la bouteille soit vide. Je trouvais fantastique de voir ces petites mains, comme celles d'un enfant, déposée dans ma main.
Les singes, ne trouvant plus rien pour s'amuser, ils quittèrent s'installer plus loin. D'un pas lent, je quitte donc la civilisation pour emprunter le petit chemin qui s'enfonce dans la jungle. Sachant que quelque chose d'accessible se trouve au bout, je marche lentement sans trop me poser de questions. La route est en construction et longe la rivière Misahualli. Il fait chaud, très chaud, comme hier et avant hier. Popo a déjà le pas lent et on vient juste de partir. Les chiens des différentes maisons qu'on croisent nous signalent tous, sans exceptions, que nous sommes des étrangers. Je sais, je sais, je l'ai même souligné hier, je ne suis pas latino, je sais. Ils arrivent tous avec un air méchant mais Popo en a vu d'autres et garde son calme, ce qui les rassurent.
Le pont est situé dans un petit village de 200 habitants. Encore bien plus petit que Misahualli. Je n'ai pas remarqué si un service d'hotellerie y était offert, je devrais retourner m'en informer, mon intégration dans la jungle est graduelle mais certaine. Le village comprend une tienda, un bar et un collège mixte et est constitué de maisons autour d'une grande place centrale. Je dois définitivement y retourner, trop de détails m'ont échappé. J'ai beaucoup aimé la vieille dame de 285 ans qui m'a vendu ma bouteille d'eau. Je devrais en profiter et m'en encoquiner.
Le pont suspendu a l'air bien solide et est clairement construit pour les générations futures. La route aura bientôt deux voies et le village pourra enfin accueillir tous ces touristes qui arrêtent pour l'instant à Misahualli. Plus on creuse, plus ce qu'on trouve est vieux. Dans le cas de ce village, on a creusé creu. J'ai rapidement salué le village au complet et commence la traversé du pont. La rivière Misahualli, comme la rivière Napo, a un courant très fort. Il serait impossible de la traverser sans dériver jusqu'au village voisin. De plus, il a beaucoup plu durant les derniers jours, le niveau d'eau est très haut et le courrant, très fort.
De l'autre côté du pont, les gros camions construisent la route, étendent de gros cailloux et recouvre le tout de terre. Je les contourne et avance sur le chemin. Je n'ai aucune idée combien de temps je dois marcher. Cette attraction n'est pas répertoriée par le LonelyPlanet ni par le Guide du Routard. Aucune enseigne indique la distance à parcourir et aucune flèche indique sa direction. Je suis dans la forêt amazonienne et je recherche un arbre. C'est comme chercher une brindille de foin dans une botte de brindille de foin.
Je croise une dame qui porte un enfant, la salue et lui dit que je cherche un "gigante arbol". Elle pointe le ciel en direction d'une cime que je n'avais pas vu et m'indique un petit chemin juste à côté qui doit m'y emmener. J'ai donc maintenant toutes les indications dont j'ai besoin. Je la muchasgraciaça et me dirrigea dans le petit chemin qu'elle m'avait pointé. C'était ma première aventure en forêt. Je n'avais pas vraiement besoin de courrage car je pouvais voir ma destination au dessus de moi. Je n'avais qu'à suivre le petit chemin et faire gaffe aux insectes plus gros que moi.
Après quelques pas seulement, j'arrivais à l'arbre en question. Sa cime, plus haute que les autres, se distinguait bien mais ne la laissait pas penser que cet arbre était particulier. Il était un peu plus grand mais quand même pas géant. Arrivé à sa base, je compris l'intérêt. Un petit sentier faisait le tour. De loin, on aurait dit un arbre ordinaire mais de proche, j'aurais pu creuser son tronc et m'y faire une maison. Je lui donnerais un 18 pieds de base, sinon 24. Il me faisait penser à une américaine à la taille fille mais aux hanches disproportionnées (sans parler se ses mollets). Je fis le tour, tenta quelques photos qui ne rendaient en rien ce que je voyais, observa deux taches jaunes accrochées aux ailes transparente d'une libellule et deux papillons en train de copuler. Cette activité confirma encore que j'étais à la bonne place. Je me surpris à observer les papillons, les insects, les fleurs et les plantes. Belle activité finalement.
J'avouerai ici qu'il ne s'agissait que d'un arbre et qu'avec le petit sentier, et ce sans jeu de mots, on en a rapidement fait le tour. Je repris donc la route pour la maison, tranquilement mais surement. Le retour passe toujours plus vite. On connait la route, on sait où on s'en va et on est pas pressé d'y arriver. Je décrocha une feuille de palmier et tenta de la tresser. J'avais vu à Cuba des chapeaux, des éléphants et des flamants roses en feuilles de palmier. Je n'avais pas la prétention de vouloir reproduire ces objets mais je savais que je pouvais tenter de la tresser. Ce que je fis. Je me découvris un talent dans la tresse de palmier! Tranquilement, je tressais donc ma feuille en me demandant ce qui allait en résulter. Je tressais, je tressais jusqu'au bout. La forme finale ressemblait à une palette de hockey. Je tenta de la transformer en casquette sans chance mais je fini par fabriquer un merveilleux porte-bouteille d'eau. Victoire! J'avais démistifié la tresse de palmier.
En arrivant à l'auberge, je fut invité par Zoraida à jouer au basketball avec les enfants du village. Je pouvais pas vraiement dire non même si l'autre option était de relaxer tranquilement avec une petite grosse bière froide. Avant même de m'en rendre compte, nous étions en route avec le ballon vers le complexe sportif. Antoine était devant son hostal et répondit vaguement à notre invitation. De toute façon, les lieux étaient occupés par ses occupants, ce qui nous reléguait au deuxième plan. La joute de ballon venait de tomber à l'eau. Je n'en était pas trop triste. J'allais donc revenir tranquilement à l'auberge, terminer ma bière et rédacter ma journée. Entre temps, une famille de vénézuéliens venaient d'arriver. Un petit garçon de trois ans s'amusait avec Popo. Voilà un bel ajout. J'eu la chance d'aller aider la mère de Zoraida à cueillir les fruits qui allaient servir à la préparation du petit déjeuner du lendemain. Beau contact avec l'épicerie!
Pour le souper, je pris le poisson. J'ai eu de la difficulté à séparer la peau, la tête, la queue et les arrêtes de la viande. Je trouvais qu'il ne restait pas grand chose à manger mais la journée était sous le thème des repas léger. J'accepta et choisis la crème glacé maison pour dessert.
Il est 8h45, tout va bien. Je regagne mes quartiers avec une petit grosse bière, rédige et lis. Vers 9h30, la salle à manger ferme. Je décide donc de prendre une dernière marche avec Popo, de profiter du fait que le soleil est couché pour prendre mon temps sans brûler. Les destinations ne sont pas nombreuses, je me dirrige vers le centre ville. Popo est bien content de se promener avant le dodo et moi aussi. À ma grande surprise, la place bourgette n'est pas déserte! Je fais le tour, question d'évaluer à quoi ressemble le lundi soir à Misahualli. À mi-chemin avant le tour du chapeau, je me retrouve devant une terrasse qui avait déjà attiré mon attention. Au premier plancher il y a une tienda et au deuxième plancher, une terrasse qui semble bien aménagée. Des feuilles de palmier, de la végétation, on dirait ici qu'on s'est forcé. J'aime bien le look "Je suis dans la jungle et je me déguise en tarzan". On est entouré de singe et de végétation et on joue la carte dela verdure et de la fougère. J'ai rien contre ça, surtout que c'est ce qui m'a attiré en premier.
Je vois l'enseigne qui m'indique par où passer pour atteindre le premier. Pourquoi pas. À mon oeil, la place parait vide, sinon fermée, mais je risque rien de m'y aventurer. De toute façon Popo est avec moi. Je longe le corridore qui m'amène à l'arrière, un escalier m'invite à monter. J'ai pas fait tout ces kilomètres pour ne pas y aller. Je monte. Popo aussi. Rendu en haut, je découvre un joli bar, aménagé sous le thème de la jungle. Deux couples dansent sur le dancefloor et une serveuse tient le bar. Je m'assieds au bar et commande une bière. La barwoman me propose la pilsener, je l'accepte, de toute façon, c'est la seule que je connais. L'endroit est constitué du bar avec tabourets, de trois table de billard, d'une grande piste de dance et de toilettes. Je propose à la barwoman de jouer au billard avec moi et elle accepte. Elle m'explique qu'en Ecuador le billard se joue d'une autre manière. Je tente de la suivre dans ses explications mais mon seul but est de partager une activité pour meubler ma soirée. Elle est bien gentille, son espagnol est rapide et son anglais est absent mais elle est bien gentille quand même.
On commence une partie mais à moitié chemin, elle se rend au bar pour y travailler et entre-temps, je rencontre deux couples (...) dont le gars le plus vieux m'informe qu'il a passé plusieurs années au massachussets. Enfin, de l'anglais. J'apprécis toutes les opportunités que j'ai pour apprendre l'espagnol mais je chéris toutes les opportunités que j'ai pour communiquer. J'apprends rapidement qu'il a été quide dans la région et qu'il a plusieurs crottes sur le coeur concernant la région. Il m'explique qu'il a travaillé pour un zoo qui préfère l'appellation sanctuaire mais qu'il laisse aux touristes la chance de se faire sa propre idée. Je le sens un peu frustré et ne sais comment lui expliquer que je ne suis point ici pour défendre la veuve et l'orphelin. J'écoute son histoire et tente de le ramener vers un terrain plus agréable, un terrain plus saint. Je perçois des allusions à ma non-compréhension et invite mes nouveaux amis à me rejoindre sur un terrain neutre, celui du billard. Le garçon qui dansait accepte ma proposition et nous voilà installé autour de la table. La joute se joue mais je vois bien que mes nouveaux amis sont sur une autre longueur d'onde. Je soupsonne l'arrêt à la toilette qui réveille.
La partie se termine, un nouvel adversaire se pointe. Son nom ressemble à Tuta et il parle Quichua, Espagnol et anglais. Il connait quelques mots de français qu'il est fier de partager avec moi: Osti colice de tabarnak voulez-vous coucher avec moi. Je le félicite pour ce surplus de culture et poursuit le tout en espagnol. Il m'apprends à jouer au billard écuadorien pendant le reste de la soirée. Il a été agréable et patient. Je suis, à cause de lui, renseigné et qualifié! Nous avons joué cinq parties et j'ai eu le temps de me perfectionner assez pour confronter n'importe quel ecuadorien. Bon, peut-être pas tant que ça, mais quand même, j'ai bien placé les boules du premier coup. Je m'en suis surpris moi-même. 6-15,14-11,13,12-7, r10,9,8. On doit rentrer les boules en ordre en commençant par la 6. On ramène les boules rentrées dans les trous de notre côté pour garder un décompte de nos points. Si on touche pas la boule visée, c'est l'autre qui la prend. Si on rentre la blanche, l'autre la replace sur le point blanc et tire dans la direction qu'il veut. Dès qu'on atteint 52 points, on gagne. On peut rentrer n'importe quelle boule tant qu'on touche la bonne en premier. Il y a plus de règles que ça mais je dois poursuivre ma formation demain soir. J'espère avoir le temps de tout assimiler avamt le 5 mai!
Ah oui, j'oibliais, une dame d'Alberta du nom d'élizabeth, recherche un gérant pour gérer sa production de chocolat juste l'autre côté du pont de misahualli. Tu m'y vois?
De retour à la maison, je suis très content de ma soirée. Popo a été charmant et j'ai un objectif pour demain soir. Vive le billard ecuadorien! Bonne nuit.
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