mercredi 4 avril 2012

Jour 30 - Petit mardi en Misahualli

Aujourd'hui, j'me suis enduit d'une bonne couche de crème à bébitte et j'ai tenté une escapade en région. J'ai traversé le pont et suivi la grosse route avec comme objectif, le zoo. On dit ici le "sanctuaire pour animaux" mais certains disent que c'est juste pour faire beau et que dans les faits, c'est bien un zoo. Je suis concient qu'une petite distance me sépare de ma destination mais n'ayant rien d'autre à l'horraire (sauf peut-être aller compter les habitants du village d'hier) je me mets en route. Je traverse le pont, monte la petite côte et regarde le ciel. Un gros oiseau noir tourne en rond au dessus de moi. Je me rappelle l'ëpisode de Tintin où Milou se fait enlever par un aigle dans une situation similaire. Mon oiseau n'est pas un aigle, je ne suis pas Tintin et Popo n'est pas Milou mais quand-même. À défaut de perdre une bonne histoire à raconter, je ne prends pas de chance et attache Popo au bout de sa laisse. Popo ne servira pas de repas à un oiseau de proie. 

Après quelques minutes de marche, je regarde la route avancer devant moi pendant quelques kilomètres, regarde le ciel qui, même couvert, me donne chaud, regarde le niveau de ma bouteille d'eau qui descend un peu trop vite et m'interroge sur le but de mon voyage. Le zoo n'est qu'une excuse pour visiter et n'est pas une fin en soit. À côté de moi, une grosse pancarte annonce une lodge sur le bord de la rivière avec repas, musée d'artisana quichua et sports nautiques. Voilà une belle alternative. Il me reste donc 400 mètres à parcourir au lieu de 4 kilomètres, j'ai donc trouvé chaussure à mon pied.

Arrivé à l'entré du complexe, un jeune américain de Sanfrancisco transporte lentement des roches vers une brouette. Il m'explique que ce centre a été fondé par des femmes Quichua qui n'avait pas de travail. Il y travaille comme volontaire depuis novembre et retour chez lui la semaine prochaine. Il dit qu'il a beaucoup aimé la gentillesse et la générosité de ses femmes, qu'il est heureux mais triste à la fois de repartir. Il m'invite à rentrer et à visiter. Après avoir consulté mon ageinda, confirmé avec ma secrétaire et ajusté ma montre à l'heure solaire, j'avance vers le centre. Plusieurs installations, certaines grandes, certaines plus petites, donnent à cette communauté son style exotique. Des toits de palmes, des trottoirs couverts, des sentiers aménagés, bien que très rustique, on dirait un petit club med. Très joli et très bien entretenu.

Les femmes travaillent de l'autre côté et me saluent à mon arrivé. Le musée sur place me fait quelque chose à visiter mais l'entrée de 3$ révèle mon manque d'intérêt. Je suis bien plus intéressé par l'architecture des lieux que par les colliers ou autres artefacts artisanaux présenté. Je remercie mon nouvel ami et retourne tranquilement sur mes pas en prenant bien soin de saluer tout ceux sur mon chemin. Certains restent surpris de mon entregens mais la pluspart sont content d'échanger cette politesse.

Sur le chemin du retour, j'arrache une feuille de palme et tente de me tresser un autre porte-verre. Cette fois ci, j'en ai pris une grande. J'arriverai peut-être à me fabriquer un petit sac à dos pu mieux, un joli petit chapeau!

Je fais un petit détour par un mini village juste avant le pont de Misahualli. Les habitations sont dans un piètre état mais je commence à m'y habituer. Il y a même, à l'autre bout du chemin, une tienda et une garderie. Popo fait connaissance avec les chiens du coin et je salue les gens que je croisent. La majorité me retourne la politesse. Le marche tranquilement. Certains travaillent sur leur terrain, transportent des pierres ou nivellent le chemin. Non, je ne pourrais finalement pas déménager ici. Si j'étais rentier, oui, mais là n'est pas ma situation. Je devrais moi aussi transporter des pierres, allumer le feu, faire cuire la nourriture, défricher l'entrée et m'occuper des poules. Par cette température? Non. J'apprécie les vacances et valorise le travail à l'air climatisé. Je suis douillet, coquet et je l'accepte. Mais aujourd'hui c'est la belle vie et j'en profite bien. 

Je reviens à l'auberge tranquilement, met mon tressage de côté, vide une bouteille d'eau et m'installe pour le lunch. Aubergiste, à boire!

Un coup bien remplis et quelques tresses d'enfilée, Zoraida me propose une game de basket. Ne trouvant aucune raison de dire non, j'accepte. J'ai le temps d'aller dire bonjour à mes amis les singes avant d'aller m'exténuer au soleil. Popo est bien content d'aller se promener. Il connait maintenant bien le cartier. Les singes sont sur la place Bourgette, j'ai donc pas à aller bien loin. Un autobus est stationnée juste à côté et ses touristes sont déjà en train de taquiner le babouin. J'arrive avec ma bouteille d'eau. Les singes s'ennuient un peu aujourd'hui. Dès que je suis assis, trois singent viennent singer à mes côtés. Sans demander pardon, le plus gros m'arrache la bouteille d'eau d'entre mes mains et part s'installer à côté. Ses mains ne sont pas assez fortes pour dévisser le bouchon, il utilise donc, comme toute personne civilisée, ses dents. En un rien de temps, la bouteille est débouchonnée. Le singe doit encore apprendre à porter la bouteille à ses lèvres. À la place, il verse l'eau sur le plancher de béton et tente de boire ce qu'il peut. On voit clairement ici la limite de son pouvoir. Voyant que l'eau ne se dirrige pas vers sa bouche comme par magie, il se met tout simplement à jouer dedans. Rien de bien constructif. Popo est par contre très populaire. Tois singes sont après lui. Il le prenne par la queue et l'amène avec eux. Je du intervenir sinon je crois que Popo faisait un petit tour de singe. Je poussa le singe le plus gros et il redonna sa liberté à Popo. Popo n'a pas du tout aimé et s'est exprimé de manière à ce que tout misahualli soit au courrant de son désaroi. Sans attendre les singes étaient de retour. Pauvre Popo. Ils le tiraient par une patte, par une autre puis par la queue. Cette fois était la bonne. Popo cria comme jamais. J'ai même vu du sang au bout de sa queue. Un singe venait de le mordre. Ils arrivaient de partout. J'avais beau prendre Popo dans mes bras, j'étais encerclé. Popo était dans tous ses états et je le comprends bien. La jounée était terminée pour Popo et les singes. Je le ramena à la chambre et ne s'en fut pas prier. L'heure de sa sieste avait sonnée.

Tant qu'à moi, il me restait 15 minutes avant mon match de basket tant attendu. Je retourna au pays des singes pour regarder les touristes se faire arnaquer par les singes. Une fille perdu son lunch au complet. En moins de deux, son burrito même pas commencé se retrouva tout là haut, sur la dernière branche. Diii)eux singes s'en donnaient à coeur joie. Ce qui est triste dans tout ça c'est que les singes n'ont rien à faire d'un burrito. Ils le laissèrent tombé comme par dédain et poursuivirent la fouille du sac maintenant vide. J'ai cherché la logique, je l'ai pas trouvé.

L'heure du match avait sonné. Il était 17h00, heure des sportifs. Je mis mes shorts et mes souliers de course et rejoignit mes futurs amis sur le terrain de basket non loin de l'auberge. Peu de gens étaient arrivés. On s'entend, mes partenaires et adversaires étaient les enfants du village. Rien pour impressionner mais quand même, j'étais bien entouré. Le soleil de 5h est presque à l'horizon. Une fois sur deux, je ne voyais pas le ballon. La dernière fois que j'ai joué au basket je crois que c'était sous le terrible joug de monsieur Fiset à l'Académie Antoine Manseau. Si on compte les années, ça donne 20 ans.

L'idée n'était pas de briller de mille feux mais bien de pouvoir dribler et de lancer au panier. La seconde épreuve que je devais remporter et ce sans me tromper était de reconnaître qui faisait parti de mon équipe. Il y avait le petit au t-shirt rose, celui qui avait été surnommé Négro (qui n'était pas noir ni plus noir que les autres, en tout cas, à mes yeux) et celui au cheveux long que j'avais pris pour une fille lorsqu'il est arrivé. Une belle équipe avec un age moyen de 14 ans. Je me croyais à mon niveau dans cette équipe de champion mais je réalisa rapidement que je n'étais pas de taille. J'avais chaud, je dégouttais de partout, même ma grandeur n'était plus un atout.

Après vingt minutes de jeu, j'apperçu Diego sur le banc. Zoraida m'informa qu'il était sorti du jeu pour laisser sa place à un nouvel arrivant. Jackpot dingding j'étais sauvé. J'alla le trouvé et lui annonça qu'il était à présent moi. Liberté! Je lui fis comprendre en un rien de temps qu'il s'appelait dorénavant Mathieu et cria à tous qu'à partir de maintenant, "Soy Diego!" J'étais sauvé. Il me remplaça sur le terrain et fit un excellent travail. Je profita de ce moment de liberté pour m'esquiver et regagner mes quartiers. Je calla une bouteille d'eau, en mis une deuxième dans ma poche, accrocha Popo au passage et retourna au terrain. La partie était pas mal terminée. Zoraida et mon plus petit partenaire de jeu étaient assis sur le côté. Voilà une position qui me va bien. Je suis un excellent publique. Je les accompagna sur le chemin du retour et me dirrigea vers la salle à manger où je pris mon repas. Aujourd'hui je me fit désigner le poulet qui était très bon en passant. Ce fut une bonne chose car c'est exactement ce que je voulais manger. Une petite grosse bière pour digérer et le tour était joué. Je profita de ce moment pour faire un peu de rédaction sur la terrasse. 

21h sonna, il était temps pour moi de regagner mon nouveau bar pour perfectionner mon billard ecuadorien. J'eus à convaincre Popo de m'accompagner. Il semblait avoir opté pour la sieste. Ayant mon mot à dire, je lui expliqua qu'il devait m'accompagner car il m'appartenait et que j'avais tous les droits sur lui. Un coup réveillé, il était le premier à courir après la balle. Rendu devant le bar, j'apperçu quelque chose d'étrange. Rien, en fait. Le bar était fermé. La serveuse m'avait pourtant dit "hasta mañana"! Que s'était-il passé? Je décida de me promener et de visiter les rues du village que je ne connaissais pas. Encore une fois, j'étais impressionnée par les ruines qui servaient de maison. Je remarquais par contre que la majorité avait la télévision avec antenne satellite et certaines, une voiture propre et en bon état. Je ne comprends toujours pas. J'imagine que c'est une question de gestion. Surpris par ces contrastes, je mis ma déduction à l'épreuve et regarda discrètement par la fenêtre de la maison voisine. C'en était trop. Quatre ordinateurs avec écrans plats. Je me trouvais devant un café Internet non annoncé ou chez le hacker du quartier. La décrépitude de la construction ne veut donc rien dire sur le confort de ses habitants. Je n'y comprends rien.

Après avoir fait deux fois le tour du quartier, je passe devant une porte, un homme en sort et me salue. C'était Kiki (nom inventé), mon ami d'hier soir. Je lui communique ma peine d'avoir trouvé mon bar fermé. Il me confirme que par temps calme, le bar reste fermé. Il m'explique qu'il vient de terminer de préparer le riz pour sa famille. Il me dit qu'en Ecuador, si il n'y a pas de riz, ce n'est pas un repas.  Il mange du riz matin midi et soir. Il se dirrigeait vers la petite terrasse du coin pour aller y chercher quelque chose que je comprends pas. Il me fait visiter son petit commerce de colliers et de souvenir Quichua. En ouvrant la porte de métal il apperçoit une coquerelle qui traverse le plancher. Il tente de l'effrayer avec son pied mais sans succès. Elle approche de moi et passe presque directement sous mon pied. Je souris donc à la vie d'avoir la chance d'aider mon nouvel ami et d'un réflexe agile et souple, j'écrase la bête sous ma chaussure. Son premier réflexe est de me demander pourquoi j'ai fait ça. Je savais pas que les Quichua étaient boudistes. Je comprends aussitôt qu'il n'avait jamais eu l'intention de la tuer, simplement de l'aider à sortir de son commerce. Je lui demande pardon et lui confirme que j'avais retenu la leçon.

Rendu au resto-bar du coin, je me prends une petite bière et on s'asseoit près d'un trio espagnol. La fille et mon ami entrent en conversation profonde sur le sort du monde, sur les premières nations, la démocratie, le gaspillage des ressources naturelles et le contrôle des population. Mon ami est très instruit et très articulé, je me plait à l'écouter. Les bouts où je comprends mal son idée me servent à améliorer mon espagnol. Il est très gentil, ouvert et généreux. En même temps, il est critique, concerné et informé. Je passe donc, malgré l'absence du billard, une très  onne soirée, enrichissante et constructive.

La petite grosse bière terminée, tous rentrent à la maison. Ce sera un repos bien mérité. Je ne me rappelle pas poirquoi mais il sera bien mërité. Bonne nuit.

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