C'est quand tout va bien qu'on regarde ailleur. Ce matin je me suis réveillé en réalisant que Popo était mon compagnon. Bien qu'il soit d'agréable compagnie et qu'il rapporte habituellement le bâton, je dois avouer qu'il est et restera toujours mon deuxième choix. Je préfèrerais de loin deux pattes et deux bras que quatre pattes et un joli petit collier.
Ceci était dit, esta es la ultima dia en Misahualli. Je suis ici, en Ecuador, en Amérique du sud, au millieu de mon voyage. Tout ce que j'ai fait à date, j'ai le temps de le recommencer. Et si je rentabilise mes journée j'ai le temps d'en rajouter, Commençons par celle d'aujourd'hui et allons voir là bas si j'y suis.
Je fais 3 pas vers le centre du village et il se met à pleuvoir. J'ai donc réponse à ma question, non je n'y suis pas! j'opte donc pour un retour à la maison (oh tien, l'auberge est maintenant ma maison, il est temps que je quitte!) pour relaxer tranquilement sur la terrasse couverte. Je reprends donc mon macramé là où je l'avais laissé et continue à le tresser, intrigué de voir comment tout ça va se terminer. Comme disent les grands designer de mode, je ne fais qu'écouter ma matière première qui se laisse dévoiler tranquilement. Ma feuille de palmier n'est pas si inspirée mais l'idée est la même. En haut, en bas, en haut, en bas. Belle activité. ça ressemble un peu à un mot croisé mais le mot recherché est toujours "Ancienne ville de Mésopotamie" (2 lettres). J'aime bien ce niveau de difficulté. En haut, en bas, en haut, en bas. Dire que si il n'avait pas plu, j'aurais passé à côté. Après ce qui me sembla une heure, j'arrivais à la fin. J'enfilais les bouts qui dépassaient sur les côtés, ce qui rendait la chose toutes jolie et très solide. Je ramena la tige de la branche vers l'intérieur et devant moi apparu un joli petit chapeau! Oui! Un joli petit chapeau! Joie! Je me voyais déjà, derrière mon comptoir au centre du village, à vendre mes jolis petits chapeaux. J'en étais bien fier.
Retour au présent. Je mange une pizza pour le lunch et, la pluie terminée, je pars en randonnée. Mon objectif principal, retourner voir la vieille de la tienda du village d'à côte. En deuxième lieu, re-saluer l'arbre géant. Et pour compléter ma mission, aller découvrir ce qui se cache au bout du chemin. Le trajet vers le petit village qui me semblait long la première fois n'est plus qu'à quelques pas. L'aventure vers l'arbre géant qui m'a semblé un safari en 3d n'est qu'en fait la première porte après le pont. Il me restait à aller voir où menait ce chemin. À une maison, à un village, à rien? Je me doutais bien qu'il y avait une suite à cette aventure. Le pont n'aurait pas été construit seulement pour visiter l'arbre. Il était proche trois heures, le ciel semblait dégagé, le soleil ne plombait pas et il me restait quelques heures avant la tombée de la nuit. Le mot d'ordre était qu'à 4h, je revirais de bord. Ça me laissait assez de temps pour revenir sur mes pas avant le soir. J'étais pret à accepter la pluie mais la nuit, non. J'étais bien content de me promener comme ça. Chaque côté de moi, les arbres érigeaient un mur que je n'aurais osé franchir. La végétation était très dense et les feuilles des plantes étaient toutes plus grosse les unes que les autres. J'ai croisé 5 camions. Je les ai tous salués (ici, on salut les gens qu'on connait pas) et tous me retournaient mon bonjour. Certains camions transportaient de la roche, de la terre ou du sable. Il y avait toujours quelqu'un en train de réparer la route en quelque part. Plusieurs compagnies de pétrole viennent s'installer dans le coin et c'est pour eux que ces infrastructures sont installées. Certains camions transportent des passagers. D'autres, rien dutout. J'ai croisé une maison au millieu de nul part. La maison était habitée, la corde était pleine de linge et de la musique y jouait. Encore une fois, je les ai salués. Il m'on renvoyé le bonjour avec un air un peu embêté. Mais qu'est-ce que ce touriste fait ici, au millieu de nul part. Oui, j'étais ici et ce ici était bien nul part. Les plus jeunes sont un peu embêté de me répondre mais les plus vieux en sont très heureux.
J'étais bien content de me promener comme ça. L'air sentait bon. 4h arrivait rapidement. Il me restait 20 minutes, 10 minutes, 5 minutes. Dans le millieu de la route, plus loin, je voyais un tas brun. Je ne savais trop si c'était une roche, un animal ou un tas de sable. Plus j'apporchais, plus je me demandais. Sans avertir, le tas me regarda. C'était un chien. Un chien aux couleurs de tas: brun, gris, beige et noir. Je me demandais si j'avais à craindre ce chien mais je me rappela que j'avais le meilleur des gardiens. Popo était avec moi. Tous les chiens se couchent devant Popo. Ils ont beau arriver en hurlant, en courant ou en jappant, Popo, ne connaissant pas le danger, reste cool et désamorce l'attaque. Que faire devant un chien cool? Être cool, c'est tout. De chaque côtés de la rue, un homme puis une femme étaient assis avec un gros panier remplis de banane, ou de plantin, je ne sais trop. Ma déduction étaient qu'ils revenaient de la cueillette. Peut-être promenaient-ils tout simplement leurs bananes? L'histoire ne le dit pas. J'ai quand même tenté la conversation à l'aide de mes 12 mots d'espagnol. Je compris qu'ils attendaient un taxi qui les ramènerait à Misahualli. Je lui demanda ce qu'il y avait au bout du chemin et il me nomma plusieurs noms de village. Je cru comprendre que j'étais à mi-chemin entre Misahualli et le prochain village. L'idée de revenir sur mes pas était donc bonne. Je remercie donc mon nouvel ami et re-brousse (ha ha ha, brousse!) chemin.
Le retour, même si il me pris une heure, me donna une perspective sur l'allé. J'avais l'impression que tout était juste à côté. Le tournant avec la petite chute suivi de l'éboulement et du glissement de terrain, du morceau de route transformé en rafin, de l'éclairci qui permettait de voir loin, de la maison des amis qui écoutaient la musique, de l'enseigne qui indique le village voisin et de l'autre glissement de terrain. Je salua même un camion pour la deuxième fois. Tout alla très vite, j'étais déjà rendu à l'arbre géant. Dire que j'avais pensé que peut-être je serais forcé de coucher dans le village voisin si mon safari devenait trop intense. Tout est une question d'appréhension et de perception. Que je me le tienne pour dit et me le souvienne.
De retour au petit village de la vieille à la Tienda, je lui acheta deux bouteilles d'eau qu'elle me fit payer 0.40$ chacune. J'ai entendu dernièrement que le Canada arrêtait sa production de cennes noires. Ici, mes deux bouteilles d'eau étaient peut-être sa vente de la journée. Vive la perspective.
J'arrive à l'auberge juste à temps pour décliner une partie de basketball. Je me prends une petite grosse bière par réflexe et me retire dans mes appartement pour rédiger tout ça avant le souper. Popo se couche sur le plancher et tombe endormi. J'aurais probablement fait pareil mais c'est ma dernière soirée à Misahualli et je veux pas manquer le souper. Todo bien por Popo.
Je descends vers 6h30 et comme à l'habitude, je m'informe sur ce que je dois manger. La première journée j'ai eu à expliquer qu'il m'était égal de décider, que j'aimais bien le choix du chef. Depuis, le message a passé et lorsque je dis "possible de comer?" on me propose un plat que j'accepte à chaque fois. Je ne remangerais pas le poisson, il était très bon mais j'aime pas me battre avec les arrêtes et je ne connais pas la technique pour séparer la chair d'un coup de fourchette. Ce soir, c'était l'omelette. Ici on appelle pas ça un omelette mais après déduction, c'est pas mal dans la même famille. Bref, c'était très bon. Ajoutons par dessus ça la crème glacée maison et le mot "repus" prend tout son sens.
Étant ma dernière soirée, je tenta de régler ma chambre avec visa mais il n'y avait plus de petit papier. J'aurais eu assez d'argent sur moi mais j'aurais du me passer de crème glacée. Je crois même que mon petit change n'aurait pas suffit pour l'autobus de demain. Zoraida propose de m'accompagner à Tena le lendemain matin pour y retirer l'argent nécessaire. Tant mieux. Elle avoue qu'elle m'a bien aimé comme touriste. J'avoue que je suis un bon touriste. Elle réalise que je suis graphiste et me bombarde de questions concernant son site Web. Je lui offre donc une consultation sur le coin du bar. Elle m'informe qu'elle veut refaire son site Web mais qu'elle n'aurait probablement pas l'argent pour payer. Je lui dit que, pour me payer, elle n'a qu'à me nourir et à m'héberger. Elle accepte volontier. Il ne me reste qu'à m'arranger pour revenir en Ecuador. Quelqu'un a un billet pour moi? J'pourrais m'arranger pour faire le site de AirCanada! Il y a la réalité qu'on vit, celle qu'on voit et celle qu'on veut. Je m'occupe des trois. Ceci étant dit, elle se prépare à fermer sa journée et je regagne mes quartiers. Ça serait facile de rester mais je me dis que la plage a probablement aussi quelque chose de bien à m'offrir. Demain matin, je me lève tôt. J'suis bien content d'avoir un lift pour Tena, 6h pour me rendre à Quito... Demain est un autre jour.
Pour le peu de temps qu'il me reste ici, j'aurais bien fait une mini fiesta, un peu de social ou rafiné mon billard ecuadorien mais à 10h30 un mercredi, même un mercredi saint, Misahualli est rentré à la maison, bien confortablement installé devant la télévision. Pas même un délinquant accoté à l'entré d'une tienda. Seulement quelques retardataires pour la prière du mercredi. J'ai fait le tour des rues que je connais maintenant très bien. Plus de secret, j'ai tout vu. J'aime beaucoup ce petit village. Bien qu'il soit loin de chez moi, je souhaite y revenir. Si j'arrive à faire le tour de la plage, j'pourrais bien revenir pour m'y faire sécher les pieds. Bonne nuit Misahualliens, bonne nuit Misahualliennes. Quoi? Mais oui, bonne nuit à toi aussi tapageur. Non d'une bobinette!
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